Cameroon

Extrême-Nord : dix otages libérés par l’armée à Waza, un mort à déplorer

Un important succès militaire vient d’être enregistré dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun. Dix otages, en majorité des enfants, ont été libérés par l’armée dans la zone de Waza, département du Logone-et-Chari, après une semaine d’opérations intensives menées conjointement par les forces de défense, la gendarmerie, la police et la Force multinationale mixte. L’information a été confirmée par le gouverneur de la région, Midjiyawa Bakari, qui a précisé qu’un des captifs n’a malheureusement pas survécu.

Selon les autorités, les otages avaient été enlevés il y a plusieurs jours et contraints de parcourir une vingtaine de kilomètres avec leurs ravisseurs. Leur libération est intervenue après un ratissage systématique de la zone par les forces de sécurité, qui ont dû déployer des stratégies complexes dans un terrain difficile, marqué par des rivières en crue et des villages sous contrôle présumé des ravisseurs. Dix rescapés sont actuellement pris en charge au camp militaire de Waza, où ils subissent des examens sanitaires.

Parallèlement, les opérations ont permis l’interpellation d’une cinquantaine de suspects, désormais transférés à Maroua pour audition. Les autorités locales affirment que ces arrestations pourraient permettre de remonter aux réseaux responsables des enlèvements. Des villages ont été identifiés comme points de repli des ravisseurs, renforçant la nécessité d’un quadrillage plus serré dans cette zone frontalière particulièrement exposée aux incursions.

Cet épisode rappelle la persistance des menaces sécuritaires dans l’Extrême-Nord, où les enlèvements et exactions de groupes armés demeurent une réalité inquiétante. Si la libération des otages constitue une victoire, elle met également en lumière les failles de sécurité dans des zones rurales laissées trop souvent à la merci des bandes armées. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si les arrestations opérées permettront d’endiguer durablement ces attaques ou si elles ne seront qu’une réponse ponctuelle à une crise chronique.

Gilles Noubissi

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