Inceste : Un artiste camerounais avoue coucher avec ses filles pour "libérer l'Afrique"
Saint Désir Atango, impliqué dans une enquête pour inceste, a provoqué un séisme médiatique en publiant jeudi une déclaration où il revendique des relations sexuelles avec deux de ses filles, au prétexte d’une “libération de l’Afrique”. Des aveux qui soulèvent l’indignation tout en mettant en lumière un système d’emprise troublant.
Dans un texte diffusé sur les réseaux sociaux, l’homme de 58 ans admet avoir eu des rapports “consentis” avec ses filles, dont l’une âgée de 31 ans, avec qui il aurait eu un enfant il y a un mois. Il justifie ces actes par un rejet des “dogmes religieux coloniaux” et une quête de “pur sang africain”. Sa compagne aurait mis fin à ces agissements en quittant le domicile avec l’une des victimes en 2022.
Atango instrumentalise la lutte anti-coloniale pour légitimer ses crimes : “Pour libérer l’Afrique, il faut se tirer des pièges des dogmes”, écrit-il, se proclamant “Christ” et “animiste fondamentaliste”. Une position dénoncée par la psychologue Dr. Alice, interrogée par nos soins : “C’est un mécanisme classique de l’agresseur : transformer sa violence en idéologie pour asservir ses victimes”.
L’artiste évoque un contexte de tensions autour de deux dossiers :
Le code pénal camerounais condamne fermement l’inceste. En son article 360, il est mentionné que “Indépendamment des peines prévues aux articles 346 (3) et 347 (1) ci-dessus, est puni d’un emprisonnement de un (01) à trois (03) ans et d’une amende de vingt mille (20 000) à cinq cent mille (500 000) francs, celui qui a des rapports sexuels :a)avec ses ascendants ou descendants légitimes ou naturels, sans limitation de degré ;b)avec ses frères ou soeurs légitimes ou naturels, germains, consanguins ou utérins”. Pour Me Émilie Keng, avocate: “Le consentement est irrecevable dans ces cas d’autorité parentale. La justice doit protéger ces femmes dont l’une porte un enfant issu de ces violences”.
Aucun commentaire du procureur de Yaoundé ni du ministère de la Justice n’a filtré à ce stade. Une enquête préliminaire serait en cours.
Derrière les dérives mystico-politiques d’Atango se cachent des vies brisées. Son texte, qualifié de “manifeste de l’horreur” par des universitaires, rappelle cruellement que les combats légitimes pour l’émancipation de l’Afrique ne sauraient s’abriter derrière des crimes. La balle est désormais dans le camp de la justice camerounaise.
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