Cameroon

Internet au ralenti au Cameroun : Christian Ntimbane Bomo accuse MTN et Orange de complicité politique

Alors que les plaintes sur la mauvaise qualité d’internet se multiplient au Cameroun, Christian Ntimbane Bomo, candidatChristian Ntimbane Bomo dénonce la répression des manifestations pacifiques déclaré à l’élection présidentielle de 2025, hausse le ton. Dans une déclaration virulente publiée ce 2 juillet, il interpelle directement les opérateurs MTN et Orange, les soupçonnant de participer à une stratégie de restriction délibérée de l’accès à internet dans un contexte préélectoral. L’avocat et homme politique les avertit : toute tentative de musellement numérique des citoyens sera considérée comme une violation grave des obligations contractuelles et internationales passible de retrait de licence.

Pour le juriste, le ralentissement spectaculaire du réseau ces dernières semaines ne peut être le fruit du hasard. Il rappelle que sur le continent africain, plusieurs régimes ont utilisé la coupure ou la dégradation d’internet comme arme de contrôle pendant les périodes électorales, et suggère que le Cameroun n’échappe pas à cette tentation. « Ne vous mêlez pas des affaires internes des Camerounais », avertit-il, précisant que les entreprises de télécommunications n’ont pas à servir d’instruments à des manœuvres politiques, même sous la pression des autorités.

L’attaque frontale de Christian Ntimbane Bomo met les deux géants des télécoms face à leurs responsabilités : offrir un service fiable, neutre et conforme aux standards internationaux. Il invoque notamment les conventions internationales sur les droits numériques, qui interdisent toute restriction arbitraire de l’accès à l’information. « Faites votre business », martèle-t-il, insistant sur le fait que la fourniture d’internet est un service marchand, non un levier de contrôle social.

Cette sortie publique marque une escalade dans le débat sur les libertés numériques au Cameroun à l’approche des élections. Alors que la société civile redoute une nouvelle vague de censure en ligne, les opérateurs sont désormais sommés de clarifier leur position. L’enjeu est de taille : au-delà du confort numérique, c’est l’intégrité du processus démocratique qui se joue dans les câbles invisibles d’internet.

Gilles Noubissi

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