Opinion

Kareyce Fotso : « Le silence ne votera pas pour nous »

À quelques mois de l’élection présidentielle prévue en octobre, une voix s’élève hors du tumulte habituel des réseaux sociaux : celle de Kareyce Fotso. Dans un texte à la fois poignant et sans détour, cette citoyenne camerounaise interpelle ses compatriotes sur l’urgence de s’engager réellement, au-delà des discours et des indignations numériques. « Les urnes ne sont pas sur les réseaux sociaux », écrit-elle, appelant à une prise de conscience collective : ni le silence, ni l’abstention ne feront tomber un système qui se perpétue précisément grâce à l’inaction populaire.

Le message tranche par sa lucidité. Il rappelle une vérité que beaucoup préfèrent oublier : ceux qui détiennent le pouvoir savent s’unir pour le conserver, pendant que le peuple, divisé ou résigné, regarde son avenir se décider sans lui. Dans une société marquée par des décennies de frustrations politiques, d’injustices sociales et d’échecs institutionnels, ce cri d’alarme met le doigt sur la responsabilité individuelle et collective des citoyens dans leur propre marginalisation.

Plus qu’un simple texte militant, cet appel est une invitation à l’organisation, à la solidarité, à l’inscription électorale mais surtout, à la réappropriation du pouvoir citoyen. Refuser de voter, c’est laisser les autres décider à sa place. Se taire, c’est accepter les chaînes. Le texte exhorte les Camerounais à ne plus être des spectateurs, mais les artisans de leur destin : « Si rien ne change par notre inaction, alors taisons-nous à jamais », prévient-il, comme un avertissement solennel à cette génération qui pourrait, par simple apathie, condamner les suivantes.

Dans un contexte où la défiance envers les institutions est profonde, où l’abstention est souvent justifiée par le sentiment d’impuissance, l’appel de Kareyce Fotso a le mérite de réintroduire une vérité brutale mais nécessaire : rien ne changera si ceux qui aspirent à une autre voie ne s’en donnent pas les moyens. Le bulletin de vote reste, malgré tout, un des derniers leviers concrets pour faire entendre sa voix. Encore faut-il s’en saisir.

Gilles Noubissi

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