Education

La Corée du Sud offre 4 milliards pour sauver le système éducatif à l’Est du Cameroun

Le Cameroun vient de décrocher un appui financier majeur pour son système éducatif dans la région de l’Est. Le 28 août 2025 à Bertoua, le gouvernement, l’UNICEF et l’Agence coréenne de coopération internationale (Koica) ont lancé un projet triennal de 8,5 millions de dollars, soit plus de 4,7 milliards de FCFA. L’initiative vise à transformer le quotidien des enfants en améliorant non seulement l’accès à l’éducation, mais aussi à l’eau, à l’assainissement et à des services de protection de l’enfance. Une bouffée d’oxygène pour une région classée zone d’éducation prioritaire, longtemps laissée en marge des promesses de « l’école pour tous ».

D’ici 2028, les écoles ciblées devraient proposer des environnements sûrs et inclusifs, capables de retenir les élèves et de favoriser leur épanouissement académique et social. Le projet prévoit également de renforcer les filets de protection sociale pour les enfants et adolescents, dans une région où la précarité, l’insécurité et l’afflux de réfugiés centrafricains et nigérians fragilisent davantage un système éducatif déjà exsangue. Derrière les discours officiels, se cache un constat inquiétant : sans ce type d’appui extérieur, l’État camerounais peine à répondre seul aux besoins les plus élémentaires de ses enfants.

Pour l’UNICEF et Koica, il s’agit d’un prolongement naturel d’un partenariat de longue date. Nadine Perrault, représentante de l’UNICEF au Cameroun, a salué une « étape importante dans la défense des droits fondamentaux des enfants », tandis que Sangchul Kim, chef du bureau Koica, a insisté sur « une vision d’un développement inclusif et durable ». Ces déclarations mettent en lumière une réalité : le Cameroun continue de dépendre fortement de la solidarité internationale pour offrir à ses enfants ce que d’autres pays considèrent comme un droit acquis.

Reste à savoir si les milliards annoncés se traduiront sur le terrain par des salles de classe fonctionnelles, des latrines accessibles, et des systèmes de soutien réels pour les enfants vulnérables. Les précédents projets de coopération ont parfois été freinés par des lenteurs administratives, un manque de suivi et des détournements. Cette fois-ci, la réussite passera par une transparence rigoureuse dans l’utilisation des fonds et une implication réelle des communautés locales. Car au-delà des chiffres et des belles promesses, ce sont des milliers d’enfants de l’Est qui attendent de voir leurs conditions de vie changer concrètement.

Gilles Noubissi

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