Paul Biya
Le Cameroun vient de subir un nouveau revers sur la scène internationale. Dans le dernier rapport du Chandler Institute of Governance (CGGI), le pays se hisse péniblement à la 105ᵉ place sur 120, un rang qui témoigne cruellement de ses difficultés persistantes à améliorer la qualité de sa gouvernance. Si la gestion financière lui permet d’atteindre une position relativement honorable (65ᵉ), le reste du tableau est sombre : 112ᵉ pour la solidité des institutions, 105ᵉ pour l’attractivité économique et tout aussi faible pour l’aide apportée aux populations.
C’est surtout sur le plan de la diplomatie et de l’image internationale que le constat est le plus sévère. Le Cameroun décroche la dernière place mondiale (120ᵉ) dans la rubrique « influence et réputation internationales ». Ce score dénonce un pays de plus en plus isolé, incapable de s’imposer dans les grands débats mondiaux, et qui paie le prix d’une politique étrangère jugée hésitante et confuse, dans un contexte où la compétition d’image est devenue un instrument stratégique de puissance.
À l’échelle du continent, le contraste est saisissant. Alors que l’Afrique reste la région au score moyen le plus faible dans l’indice du CGGI, certains pays africains réussissent à sortir du lot : l’île Maurice (51ᵉ), le Rwanda (59ᵉ), le Botswana (61ᵉ), le Maroc (75ᵉ) ou encore l’Afrique du Sud (77ᵉ) affichent des performances qui témoignent d’une stabilité institutionnelle renforcée et d’une gouvernance tournée vers les réformes. Le Cameroun, lui, continue de s’enliser dans les derniers rangs, malgré un potentiel économique et humain indéniable.
Ce classement, loin d’être une simple notation, fonctionne comme un miroir impitoyable : il reflète les retards accumulés en matière de réformes, de transparence et de leadership. Dans un contexte où la présidentielle de 2025 représente une opportunité cruciale pour redéfinir les priorités nationales, le rapport du CGGI pose une question brûlante : comment un pays qui aspire à jouer un rôle majeur en Afrique peut-il y parvenir avec une réputation internationale en lambeaux et des institutions fragilisées ?
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