Cameroon

Le ministère de la Défense muscle son dispositif sécuritaire avant la rentrée scolaire et la présidentielle

À un peu plus d’un mois du scrutin présidentiel du 12 octobre 2025 et à la veille de la rentrée scolaire, le ministère de la Défense Joseph Beti Assomose veut rassurant. Sous la présidence de Joseph Beti Assomo, une réunion d’évaluation sécuritaire spéciale s’est tenue le 3 septembre à Yaoundé, sur instruction du chef de l’État. Objectif : passer en revue les dispositifs prévus pour encadrer non seulement l’élection présidentielle, mais aussi la rentrée 2025-2026, le recensement général de la population et de l’habitat, ainsi que les scrutins régionaux de novembre.

Autour du ministre, l’état-major des armées, les commandants territoriaux et plusieurs responsables des forces de sécurité, épaulés par des membres clés du gouvernement, dont le ministre de l’Administration territoriale et le délégué général à la Sûreté nationale. Au menu des discussions : la résilience des forces armées face à une conjoncture internationale marquée par les conflits et les rivalités géopolitiques, et surtout, les menaces persistantes sur le territoire camerounais. Boko Haram continue de sévir dans l’Extrême-Nord avec des incursions signalées jusque dans le Mayo-Danay, tandis que dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, les « villes mortes » imposées par les séparatistes restent une réalité malgré une amélioration progressive du climat sécuritaire.

Le ministère reconnaît également la persistance des prises d’otages dans l’Adamaoua et le Nord, ainsi que la nécessité de maintenir la vigilance à l’Est et au Sud du pays. Sur le front maritime, la lutte contre la piraterie et le banditisme reste une priorité, les forces navales opérant en synergie pour préserver les grands projets économiques. À en croire Joseph Beti Assomo, les forces de défense « gardent l’initiative de la manœuvre », mais leur déploiement massif souligne aussi le poids croissant de la sécurité dans un contexte électoral déjà tendu.

Au-delà des assurances officielles, une interrogation persiste : ce renforcement du dispositif vise-t-il avant tout à sécuriser les populations et les infrastructures ou à verrouiller un processus électoral sous haute surveillance ? Alors que les tensions régionales et politiques demeurent palpables, l’efficacité de cette « mise en ordre de bataille » sera jugée à l’épreuve des faits, dans les salles de classe comme dans les urnes.

Mimi Mefo Info Francais (Editor)

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