Cameroon

Le silence d’ELECAM sur les conditions de candidature fait planer un risque d’annulation du scrutin

À sept jours de la clôture du dépôt des dossiers pour l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, Elections Cameroon (ELECAM) est sous le feu des critiques pour son silence jugé irresponsable sur les modalités concrètes de candidature. Christian Ntimbane Bomo, président exécutif du parti HERITAGE et candidat déclaré, alerte sur les graves risques juridiques que ce flou pourrait faire peser sur la validité du scrutin. Malgré l’article 4 du Code électoral qui confère à ELECAM la responsabilité d’organiser, gérer et superviser l’ensemble du processus électoral, aucune communication claire n’a été faite sur les pièces précises à fournir ni sur les autorités habilitées à légaliser les actes d’investiture, notamment pour les candidats indépendants.

Le candidat du parti HERITAGE pointe une faille juridique préoccupante : qui peut légalement authentifier les actes d’investiture exigés ? Gouverneurs, préfets, sous-préfets, ou encore commissaires, officiers de police, maires ? L’ambiguïté demeure totale, d’autant plus qu’en droit administratif, toute autorité publique habilitée à prendre des décisions unilatérales pourrait être concernée. Or, faute d’éclaircissements d’ELECAM, chaque candidat est laissé à son interprétation, au risque de voir son dossier rejeté lors du contrôle de conformité par le Conseil constitutionnel.

Au-delà des candidats indépendants, ce flou juridique touche aussi les partis politiques. Le Code électoral mentionne la notion de « parti non représenté » dans son article 121, sans jamais en préciser la définition. Cette imprécision juridique, à quelques jours de la date limite des dépôts, fragilise tout le processus. Christian Ntimbane Bomo regrette que le Cameroun, contrairement à d’autres pays comme la Côte d’Ivoire où la CENI a publié des directives précises, s’enferme dans une opacité qui jette le discrédit sur l’ensemble du processus électoral.

À mesure que l’échéance approche, le mutisme d’ELECAM devient un problème politique majeur. Ce silence pourrait non seulement compromettre la régularité du scrutin, mais aussi offrir un terrain fertile à des contestations post-électorales. Si les règles ne sont pas clarifiées dans les jours à venir, c’est la crédibilité même de l’élection qui se retrouvera durablement entachée.

Gilles Noubissi

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