Cameroon

Léon Theiller Onana claque la porte du RDPC et appelle à une coalition de l’opposition

Dans un discours enflammé prononcé ce samedi 16 août, Léon Theiller Onana a annoncé sa démission du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), dénonçant un système politique verrouillé et une justice instrumentalisée par le pouvoir. « Je refuse d’être comptable de cette forfaiture où la justice est rendue à la tête du client », a-t-il martelé, avant d’enjoindre les onze candidats de l’opposition à s’unir derrière un candidat unique ou à se retirer collectivement. Pour lui, « il n’y a pas trois options, il n’y en a que deux », et toute autre attitude « ne servira qu’à cautionner la mascarade dont l’issue est connue d’avance ».

Dans son adresse, l’ancien cadre du parti au pouvoir a dressé un réquisitoire sévère contre un État « à genoux », miné par l’injustice sociale, le tribalisme et l’absence de perspectives pour la jeunesse. « J’ai vu la sueur des paysans qui nourrissent la nation, le désarroi de notre jeunesse, un peuple debout mais un État absent », a-t-il décrit. Évoquant Ruben Um Nyobè, Ernest Ouandié, Patrice Lumumba, Thomas Sankara et Nelson Mandela, il a insisté : « Leur sacrifice nous a légué une chose : notre dignité. Si nous ne la défendons pas, nous serons les fossoyeurs de leur rêve. »

Au-delà du geste symbolique, l’initiative de Léon Theiller Onana soulève plusieurs interrogations. La classe politique d’opposition, souvent accusée de divisions chroniques, saura-t-elle répondre à cet appel à l’unité ? Et surtout, cet acte aura-t-il un véritable impact sur le cours d’une élection que beaucoup considèrent déjà comme jouée d’avance en faveur de Paul Biya ? L’ancien militant du RDPC, désormais passé dans le camp du peuple, insiste pourtant : « Le temps des murmures est révolu. Le temps de l’action est venu. »

Dans un contexte marqué par la défiance citoyenne et la fatigue d’un peuple en proie aux difficultés quotidiennes, cette démission retentit comme un coup de tonnerre. En brandissant le drapeau national comme symbole de résistance, Léon Theiller Onana a lancé un appel solennel : « Ne laissez personne vous faire détester votre pays à cause de la mauvaise gouvernance. Appropriez-vous ce drapeau, brandissez-le quand vous revendiquerez vos droits. » Mais à moins d’une réaction concertée des forces d’opposition, cet appel vibrant pourrait n’être qu’un cri de plus dans le désert d’un système figé, où la résignation du peuple nourrit la longévité du pouvoir.

Mimi Mefo Info Francais (Editor)

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