Cameroon

Ntimbane Bomo recadre Cabral Libii sur le rôle du Conseil constitutionnel

Une simple phrase lancée sur un plateau télévisé par Cabral Libii, président national du PCRN et candidat à la présidentielle, a suffi à déclencher une vive polémique. En affirmant qu’il faisait « confiance au Conseil constitutionnel » pour proclamer sa victoire si les procès-verbaux des bureaux de vote en sa possession le confirmaient, le président du PCRN a ouvert la porte à une réplique cinglante de Me Christian Ntimbane Bomo. Pour le président exécutif du parti Héritage, cette déclaration traduit une méconnaissance inquiétante du fonctionnement réel du système électoral camerounais.

Pour l’avocat, il est illusoire de croire que le Conseil constitutionnel puisse proclamer un vainqueur à partir de procès-verbaux collectés par les candidats. Il rappelle que cette institution n’est qu’une « caisse d’enregistrement », chargée de proclamer des résultats déjà consolidés ailleurs. Le véritable centre de décision, souligne-t-il, se trouve dans la Commission nationale de recensement général des votes, composée de représentants de l’administration, d’Elections Cameroon, de magistrats et des délégués des partis en lice. C’est ce procès-verbal unique qui, cinq jours après le scrutin, est transmis au Conseil constitutionnel pour proclamation.

Citant les articles 68 et 69 du Code électoral, Me Ntimbane insiste : la commission nationale procède au décompte, corrige les erreurs matérielles et dresse le procès-verbal final. En clair, les documents détenus par un candidat, fussent-ils authentiques, n’ont pas valeur décisionnelle. Cette précision, selon lui, n’est pas qu’une querelle juridique : elle pose la question centrale de la transparence du processus électoral et de la réelle capacité des candidats à sécuriser leur victoire dans un système largement contrôlé par l’administration.

Au-delà du débat technique, la sortie de Me Ntimbane relance son appel aux onze candidats retenus à « exiger un nouveau code électoral » comme condition préalable à leur participation. Pour lui, sans une réforme garantissant la sécurisation du vote et la crédibilité du dépouillement, la présidentielle de 2025 risque de se transformer en simple formalité. « Nous sommes en zone de turbulences », avertit-il, rappelant que le temps presse et que les illusions de confiance institutionnelle pourraient coûter cher aux prétendants au fauteuil présidentiel.

Mimi Mefo Info Francais (Editor)

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