L’ancien bâtonnier et figure historique de la contestation au Cameroun, Me Yondo Black, a lancé un appel retentissant à l’opposition : ne pas participer à la présidentielle du 12 octobre 2025, qu’il qualifie de « mascarade électorale ». Dans une déclaration au ton incisif, il estime que l’exclusion de Maurice Kamto, candidat du MANIDEM, révèle la volonté du président Paul Biya de « s’éterniser et mourir au pouvoir » au mépris des règles démocratiques. Pour Me Yondo Black, seul un boycott massif pourrait ôter toute légitimité à un scrutin dont, selon lui, « le résultat est connu d’avance ».
L’avocat dénonce un processus verrouillé par un appareil d’État « corrompu, clanique et autoritaire », qu’il accuse de manipuler les institutions pour écarter les adversaires gênants. Il fustige une « opposition hypocrite et infiltrée » qui profiterait de l’éviction de Maurice Kamto, décrit comme la figure ayant fixé le cap du débat politique ces dernières années. Dans un style mêlant gravité et colère, il s’en prend à la gouvernance de Paul Biya, critiquant un président « absent », gouvernant à coups de « très hautes instructions » et laissant le pays « entre les mains d’une bande de jouisseurs sans légitimité ni sens de l’État ».
Pour Me Yondo Black, l’enjeu dépasse la simple bataille électorale : il s’agit d’empêcher un projet de succession dynastique ou clanique, évoquant la création d’un poste de vice-président comme possible instrument de « gré à gré » politique. Il prévient qu’aucune candidature de l’opposition, même unie, ne pourrait échapper à l’inversion des résultats par un régime qu’il accuse d’avoir fait de la fraude électorale une pratique systématique. « Laissons Paul Biya y aller seul, qu’il triomphe sans gloire pour avoir vaincu sans péril », tranche-t-il.
L’avocat conclut en mettant en garde contre les risques d’une « déflagration » nationale si le pays s’engage dans ce scrutin sans consensus politique, sans réconciliation nationale et sans volonté réelle de bâtir un État de droit. Citant la Bible pour interpeller la conscience collective, il exhorte le « peuple souverain » à reprendre la parole, rappelant que ceux qui cautionneraient ce processus « s’exposent aux sanctions de l’Histoire ». Un avertissement qui résonne comme un dernier baroud d’honneur d’un vétéran de la lutte politique camerounaise.
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