Africa

RDC : l’ascension fulgurante de Grace Émie Kutino, de la chaire au gouvernement

À 25 ans à peine, Grace Émie Kutino, pasteure et écrivaine, a fait son entrée au gouvernement congolais en tant que ministre de la Jeunesse. Nommée le 8 août 2025 par le président Félix Tshisekedi, elle rejoint les 16 femmes parmi les 53 membres de l’exécutif. Une nomination qui suscite curiosité et interrogations, tant son parcours, marqué par l’exil et l’héritage d’un nom connu, détonne dans le paysage politique congolais.

Née en mars 2000 à Kinshasa, Grace Émie quitte la RDC en 2005 avec sa famille pour la France, alors qu’elle n’a que cinq ans. Un départ contraint par le contexte politique : en 2006, son père, le pasteur Kutino Fernando, fondateur de l’Église Armée de la Victoire et initiateur du mouvement Sauvons le Congo, est arrêté sous le régime Kabila. Considéré comme proche du MLC de Jean-Pierre Bemba, il est condamné en 2008 à dix ans de prison et passera huit années derrière les barreaux avant d’être libéré en 2014. Pendant tout ce temps, la famille reste installée en Europe, loin des tensions politiques de Kinshasa.

En 2017, à seulement 17 ans, Grace Émie est consacrée pasteure dans la branche parisienne de l’Église fondée par son père. Deux ans plus tard, profitant du vent de changement suscité par l’élection de Félix Tshisekedi, elle rentre à Kinshasa. C’est là qu’elle entame une nouvelle trajectoire, moins spirituelle que politique, qui la mènera six ans plus tard au ministère de la Jeunesse.

Sa nomination, présentée par certains comme un signe de renouvellement générationnel, laisse néanmoins sceptiques plusieurs observateurs. Si son profil jeune et féminin s’inscrit dans une volonté affichée de modernisation, son absence d’expérience dans la gestion publique et le poids de son héritage familial interrogent sur la véritable logique de ce choix. Faut-il y voir un acte de confiance envers une nouvelle génération ou une nomination à forte portée symbolique, mais au contenu politique encore flou ? L’avenir dira si Grace Émie Kutino saura transformer cette opportunité en action concrète pour la jeunesse congolaise.

Fait le contraste avec le Cameroun, où le ministre de la jeunesse, monsieur Mounouna Foutsou est né en 1967. Compare les deux cas, et dégage la vraie définition du mot jeunesse dans les deux pays. Questionne celui du Cameroun, en montrant les freins qu’un ministre de la jeunesse qui n’est pas lui-même jeune, peut avoir sur le déploiement et les résolutions des problèmes des jeunes en ces temps contemporains où le monde bouge beaucoup avec l’avancée des hautes technologies.

Gilles Noubissi

Recent Posts

Internet coûteux et réseau défaillant : des Camerounais appellent au boycott d’Orange et MTN le 30 octobre

La contestation contre les tarifs et la qualité des services internet prend de l’ampleur au…

9 hours ago

INTERPOL Recovers Over $105 Million in Illicit Funds in 21 African Countries, Including Cameroon

By Tata Mbunwe A major operation by world's largest international police organization, INTERPOL, has led…

13 hours ago

Cameroon Steps Up Maritime Security Operations Against Smuggling

By Njoh Linda Cameroon has stepped up maritime security operations along its southwestern coast, with…

13 hours ago

« Mora par exemple » : quand une affectation devient une punition

Mercredi 21 octobre, sur le plateau d’A1 TV, à la suite des violences survenues au…

17 hours ago

Cameroon Takes Proactive Measures Against Ebola After Nigeria Confirms First Case

Cameroon has placed its health system on high alert and is adopting proactive measures to…

21 hours ago

Inside the Alleged Intelligence Pipeline Linking Amougou Belinga to Cameroon’s Spy Service

An investigation by Jeune Afrique, earlier inquiry records and testimony at the Martinez Zogo trial…

1 day ago