Cameroon

Près de 500 millions FCFA de recettes minières introuvables dans les caisses de l’État

Au Cameroun, un trou financier d’environ 500 millions de FCFA a été mis en évidence dans le secteur minier : selon le rapport ITIE 2022, certaines rétrocessions effectuées par la Société nationale des mines (Sonamines) ne sont pas “monétisées” et donc n’apparaissent pas dans les recettes budgétaires de l’État. Ces sommes, bien que déclarées comme paiement en nature, n’ont jamais été converties en liquidités ni enregistrées comme revenus de trésorerie, un manquement grave selon les observateurs.

Cette absence de traçabilité pose un sérieux problème de transparence dans un contexte où le Cameroun cherche à assainir son secteur extractif. Le rapport ITIE 2022 montre que, malgré la montée des recettes globales du secteur, la contribution de l’activité minière reste marginale : seulement 0,09 % des revenus budgétaires viennent des mines et carrières industrielles. Cela soulève la question de la cohérence entre les versements annoncés et les entrées réellement enregistrées dans les comptes publics.

Les explications officielles peinent à convaincre. Le problème ne semble pas être un manque de paiement, mais un défaut de conversion des stocks d’or collectés par Sonamines en fonds utilisables pour l’État. L’ITIE note que ces rétrocessions non monétisées “n’ont pas encore été transformées en liquidité” et que leur valorisation tarde à se faire. Ce dysfonctionnement met en lumière les failles d’un système où les sommes en nature (contrairement aux paiements en numéraire) restent hors bilan, minant la sincérité des comptes publics.

Le scandale met en évidence un dilemme plus large : la gouvernance minière camerounaise peine encore à allier ambition et contrôle. Alors que le gouvernement veut capitaliser sur son potentiel géologique, des mécanismes essentiels comme la monétisation des ressources font défaut, au risque de dilapider la richesse du sous-sol. Pour éviter que cette “omission” ne devienne une habitude, de fortes réformes sont nécessaires : auditer les rétrocessions non monétisées, renforcer la comptabilité de l’État et rendre obligatoire la conversion des paiements en nature. Sans cela, le demi-milliard manquant pourrait n’être que la partie émergée d’un iceberg bien plus vaste.

Mimi Mefo Info Francais (Editor)

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