Infrastructures

Route Edéa-Kribi : l’État hausse le ton face à l’abandon du chantier par Somaf

La route Edéa-Kribi, axe stratégique reliant le port en eau profonde de Kribi au reste du pays, se trouve aujourd’hui dans une situation critique. Chargée de sa réhabilitation depuis octobre 2024 pour un coût de 3,4 milliards de FCFA, l’entreprise Somaf a brusquement suspendu ses travaux à la mi-juillet 2025, invoquant les fortes pluies. Une justification que le ministère des Travaux publics juge insuffisante, rappelant que le chantier, long de 146 km et vital pour le transit des marchandises, ne peut être laissé à l’abandon sans préavis ni mesures palliatives.

Lors d’une revue des projets routiers à Yaoundé, les ingénieurs de l’État ont constaté une dégradation rapide de la chaussée. Des nids de poule se multiplient sur la section Pont Bivouba-Kribi, tandis que la portion Edéa-Pont sur le Nyong, déjà fragilisée, menace la fluidité du trafic. Le ministère exige que Somaf remobilise urgemment ses équipes, au moins pour l’entretien et la sécurisation de la circulation. En cas de refus, une mise en demeure officielle pourrait être notifiée dans les prochains jours.

Le bras de fer porte aussi sur les finances. Si l’administration affirme avoir déjà réglé 2,5 milliards de FCFA, l’entreprise se dit partiellement payée, sans préciser le montant exact. Un flou qui alimente les suspicions, alors que le chantier affiche officiellement un taux d’avancement de 82 %. Derrière ce différend, c’est toute la crédibilité de la maîtrise d’ouvrage qui est en jeu, face à une entreprise accusée de négligence et à un ministère tenu de rassurer les usagers.

À terme, l’État et la Banque africaine de développement prévoient un projet plus ambitieux de réhabilitation complète, estimé à 7 milliards de FCFA. Mais pour l’heure, la priorité reste d’éviter que l’axe Edéa-Kribi, déjà meurtri par des années d’attente et de dégradations, ne se transforme en cauchemar logistique. Car au-delà des chiffres et des appels à la remobilisation, c’est la vitalité économique du port de Kribi et de toute la région qui se joue sur cette route laissée à l’abandon.

Gilles Noubissi

Recent Posts

From Rejection to Resilience: The Guardian Post Marks 25 Years in Cameroon’s Tough Media Landscape

For 25 years, The Guardian Post has been part of Cameroon’s political conversations, democratic struggles,…

4 days ago

Delly Singah Challenges Atanga Nji: ‘What Is the State Doing?’ as Femicide Cases Rise in Cameroon

Cameroonian philanthropist and social media influencer Delly Singah has challenged Territorial Administration Minister Paul Atanga…

7 days ago

Why Parliament Should Revisit the SDF’s Rejected Bill Against Femicide

By Tata Mbunwe The rising tide of femicide in Cameroon, where at least seven women…

1 week ago

Three US Citizens of Cameroonian Origin Jailed Over Funding of IEDs, Kidnappings in Anglophone Conflict

Three US citizens of Cameroonian origin have been sentenced to federal prison in the United…

1 week ago

Who Wants CDC’s Downfall? Military Accompany Saw Operators to Chop Down 152 Young Palms in Mutengene

By Tata Mbunwe A fresh wave of land grabbing is rocking the Cameroon Development Corporation's…

1 week ago

Mbalmayo : une femme meurt après avoir consommé de la nourriture remise par son concubin

Une femme identifiée comme Delphine Bih est décédée dans des circonstances suspectes à Mbalmayo, dans…

1 week ago