Cameroon

Taxer le tabac pour sauver des vies : les députés face à l’urgence sanitaire

Alors que le Cameroun fait face à une montée inquiétante des maladies liées au tabagisme, les députés semblent enfin prêts à passer à l’action. Le 3 juillet 2025, au Palais de Verre Paul Biya, un séminaire parlementaire a remis au centre du débat une mesure simple, mais longtemps négligée : augmenter la fiscalité sur le tabac pour financer la couverture santé universelle. Entre constats accablants et appels à une législation plus ferme, les élus, épaulés par l’Organisation mondiale de la santé, s’interrogent : le Cameroun osera-t-il enfin faire du tabac un véritable enjeu de santé publique ?

Organisé par le Réseau des parlementaires pour la lutte contre le tabac et la drogue, l’événement a réuni experts, représentants de la société civile et institutions internationales. Présidé par l’Honorable Mary Muyali Boya, vice-présidente de l’Assemblée nationale, ce séminaire s’est tenu sous le patronage du Très Honorable Cavaye Yeguie Djibril, dont le soutien à l’initiative a été réaffirmé. Le message d’ouverture du Secrétaire général de l’Union interparlementaire, Martin Chungong, a planté le décor : le Cameroun ne peut plus se permettre l’inaction face au fardeau sanitaire et économique du tabac.

Les interventions qui ont suivi ont dressé un tableau sans appel. Mme Bagneken Nadège, du ministère de la Santé, a mis en lumière le lien direct entre tabagisme et explosion des maladies non transmissibles, dont les coûts humains et financiers sont de plus en plus insoutenables. Le Dr Michal Stoklosa, représentant de l’OMS, a quant à lui rappelé que la taxation du tabac constitue l’un des moyens les plus efficaces pour réduire sa consommation, tout en générant des recettes fiscales pouvant être investies dans les soins de santé. Pourtant, comme l’a souligné Mme Judith Noël, militante de la société civile, le niveau de taxation actuel reste largement insuffisant pour freiner la progression du fléau, notamment chez les jeunes.

À l’issue des échanges, des recommandations fortes ont été formulées, notamment l’élaboration d’un plan d’action parlementaire, piloté par l’Honorable Fonge Julius. Mais les participants en conviennent : sans volonté politique claire, ce plan risque de rester lettre morte. Taxer le tabac, c’est aujourd’hui un choix de société. Le Cameroun veut-il protéger ses citoyens ou continuer à composer avec les intérêts de l’industrie ? L’heure n’est plus aux constats, mais aux décisions courageuses.

Gilles Noubissi

Recent Posts

The MRC Owes Michèle Ndoki an Apology. Should It Ask Her Back?

Maurice Kamto has resigned from the leadership of the Cameroon Renaissance Movement, MRC. Mamadou Mota…

23 hours ago

At Least 26 Women and Girls Killed or Suspected Killed in Cameroon in Six Weeks, MMI News Review Finds

At least 26 women and girls were killed, or died in cases reported as suspected…

2 days ago

Haïti : Une dame décapite son amie avec l’aide de son gang, et défie les autorités sur les réseaux sociaux

La diffusion d’une vidéo montrant l’assassinat particulièrement violent d’une jeune femme identifiée comme « Baby…

2 days ago

50 Femicides by April, Three More Women Killed in Days: Is Cameroon Doing Enough to Protect Women?

A pregnant woman, a 30-year-old teacher and a mother reportedly shot in front of her…

2 days ago

Le GECAM dresse un bilan économique alarmant du Cameroun

Chaque rentrée économique a son lot de chiffres. Celle du Groupement inter-patronal du Cameroun (GECAM),…

3 days ago

Bamenda Journalists Reject Taniform’s Choice of CPDM Politicians as “Wrong Combination” for the City

More than 50 journalists in Bamenda have openly rejected the choice of three CPDM politicians…

3 days ago