Cameroon

Un évêque au cœur d’un scandale sexuel au Cameroun

Un scandale retentissant secoue l’Église catholique au Cameroun depuis la soirée du vendredi 22 août. Monseigneur Sosthène Bayemi, évêque d’Obala, est cité dans une vidéo compromettante largement relayée sur les réseaux sociaux. Diffusée par le lanceur d’alerte Nzuimanto, elle met en cause le prélat, accusé par une fidèle de 22 ans de harcèlement sexuel. Dans les extraits partagés, on l’entend proposer à son interlocutrice de lui envoyer une vidéo intime tournée avec un autre garçon ou, à défaut, de participer à une rencontre sexuelle avec deux jeunes femmes. Des propos qui font scandale dans une communauté chrétienne déjà fragilisée par les débats politiques, quelques jours seulement après le soutien affiché de l’évêque à la candidature de Paul Biya.

Face à l’onde de choc, le diocèse d’Obala a réagi dès le lendemain par un bref communiqué publié sur sa page Facebook. Reconnaissant la circulation d’images compromettantes, il appelle les fidèles à la sérénité et à la prière, tout en assurant que des vérifications sont en cours avec les autorités compétentes. « Un communiqué officiel sera bientôt publié », a précisé le service de communication, sans démentir explicitement l’existence de la vidéo ni les propos qui y sont attribués à l’évêque.

L’affaire alimente déjà un vif débat en ligne. Certains y voient une campagne de manipulation et de chantage politique, motivée par le soutien de Monseigneur Bayemi au chef de l’État, alors qu’une partie de l’Église catholique s’était jusque-là montrée critique vis-à-vis des 43 années de règne de Paul Biya. D’autres dénoncent avec virulence un abus de pouvoir et un manquement grave aux vœux de chasteté, estimant que ce type de dérives est loin d’être isolé dans les rangs ecclésiastiques. Plusieurs voix appellent ouvertement à la démission de l’évêque.

Pour l’heure, Monseigneur Bayemi n’a pas réagi publiquement. Mais l’absence de démenti, plus de dix heures après la diffusion de la vidéo, alimente les soupçons et accentue la crise de confiance. Entre accusations de manipulation et indignation face à des faits jugés inacceptables, l’Église camerounaise se retrouve une nouvelle fois confrontée à un scandale qui interroge sur sa crédibilité morale et son rôle au sein de la société.

Gilles Noubissi

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