Un prêtre demande au président Paul Biya de prendre la parole
À trois mois de l’élection présidentielle de 2025, l’Abbé Etienne Bakaba adresse une lettre ouverte saisissante au président Paul Biya, l’appelant à ne pas briguer un nouveau mandat. Dans un message empreint de gravité et de lucidité, le prêtre, connu pour ses prises de position sans détour, en appelle à la conscience du chef de l’État, au nom du bon sens, de l’honneur et du destin collectif du Cameroun. Loin d’un simple plaidoyer religieux, cette interpellation sonne comme un acte citoyen majeur à l’heure où les manœuvres de prolongation du pouvoir agitent les cercles du parti au pouvoir.
L’homme d’Église ne s’embarrasse pas de formules protocolaires. Il invite Paul Biya à rompre le silence et à déclarer dès maintenant qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession. « Vous n’en pouvez plus », écrit-il, rappelant que le repos est un droit fondamental, même pour les plus puissants. L’Abbé Bakaba dénonce frontalement ceux qui, autour du président, militent pour une fin de règne dans l’immobilisme, qualifiant ces soutiens d’« ennemis du Cameroun », davantage motivés par des intérêts personnels que par le sort d’un peuple confronté à l’effondrement social : pauvreté endémique, tribalisme, insécurité, corruption, et chômage de masse.
Mais au-delà des invectives, le prêtre dresse un constat brutal sur l’état moral du régime. Il affirme que même au sein du RDPC, nombreux sont ceux qui, en silence, reconnaissent que Paul Biya n’est plus l’homme de la situation. Une vérité que, selon lui, la peur ou le confort empêche de dire à voix haute. L’Abbé évoque même des « trahisons » internes et des départs opportunistes, qu’il assimile à des pendaisons politiques. Dans ce contexte, il appelle le président à offrir au Cameroun une transition pacifique, en donnant la chance à une élection réellement libre et crédible.
Ce texte n’est pas une simple supplique. C’est un cri du cœur, mais aussi un avertissement. En demandant au président sortant de passer la main, l’Abbé Bakaba ne fait pas que défendre l’idée du repos présidentiel : il défend une respiration démocratique, un avenir possible pour une nation exsangue. Et conclut sur une image pleine d’espérance : celle d’un Paul Biya retiré, apaisé, transmettant la poignée de main au prochain président dans la dignité retrouvée.
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