Cameroon

Serge Espoir Matomba dénonce “l’opportunisme électoral” d’Issa Tchiroma Bakary et de Bello Bouba Maïgari

Dans une déclaration sans ambages publiée ce lundi sur son compte Facebook, Serge Espoir Matomba, Premier secrétaire du PURS (Peuple Uni pour la Rénovation Sociale), a vivement critiqué les candidatures à la présidentielle de 2025 d’Issa Tchiroma Bakary et de Bello Bouba Maïgari, tous deux anciens ministres de Paul Biya. Pour le leader du PURS, ces figures historiques du régime ne peuvent incarner le renouveau politique après avoir été, des décennies durant, les relais fidèles d’un pouvoir qu’ils feignent désormais de contester. Il y voit une manœuvre calculée, une tentative de se repositionner à la veille d’un scrutin décisif, en abandonnant un navire gouvernemental qui prend l’eau.

Serge Espoir Matomba accuse directement ces anciens dignitaires d’être comptables de l’état actuel du pays. “Ils ont été les visages et les mains d’un système que nous rejetons”, affirme-t-il, en dénonçant leur rôle actif dans la détérioration des institutions, l’étouffement de l’économie et la marginalisation de régions entières, notamment le Grand Nord. Le Premier secrétaire du PURS appelle à une rupture “réelle, profonde et sincère” plutôt qu’à une simple reconversion électorale. Pour lui, leur longévité au sein du pouvoir ne peut être balayée d’un revers de main par des annonces de candidatures qui relèvent davantage de l’opportunisme que d’un véritable projet alternatif.

Dans son discours, Serge Espoir Matomba va jusqu’à interroger la sincérité de cette “conversion démocratique” soudaine. Il évoque notamment le cas du ministre Thierry Ma, dont la démission aurait été suivie d’une rencontre symbolique avec l’ambassadeur de France, interprétée comme une ultime caution extérieure avant d’entrer en campagne. Pour le leader du PURS, cela traduit la persistance d’un système néocolonial fondé sur l’allégeance, et non sur la volonté populaire. Cette mise en garde s’adresse aussi à une jeunesse camerounaise qu’il appelle à rester vigilante, à ne plus se laisser séduire par les habits neufs des anciens acteurs du régime.

Dans un paysage politique marqué par la confusion entre continuité et changement, Serge Espoir Matomba campe sur une ligne de clarté : le Cameroun n’a pas besoin d’un recyclage d’élites mais d’un renouvellement radical de sa classe dirigeante. Alors que la campagne présidentielle s’annonce féroce, sa prise de position sonne comme un appel à la mémoire collective : on ne reconstruit pas un avenir crédible avec ceux qui ont participé à ruiner le présent.

Gilles Noubissi

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