Un nouveau rebondissement secoue la plateforme politique Union pour le Changement 2025 (UPC 2025). Deux communiqués successifs, aux positions diamétralement opposées, révèlent une fracture ouverte au sein de cette coalition de l’opposition camerounaise, à quelques mois des prochains scrutins.
Dans un communiqué daté du 02 février 2026, signé par Dr Ekane Muna, secrétaire général de l’Union pour le Changement, la plateforme affirme sans ambiguïté qu’elle refuse toute participation, directe ou indirecte, aux élections municipales, législatives ou à tout autre scrutin organisé dans les conditions actuelles. Le texte, qui se réclame de la ligne politique historique défendue par Anicet Ekane, fondateur de la plateforme et président du MANIDEM décédé en détention, insiste sur le respect de la “vérité des urnes” issue de la présidentielle du 12 octobre 2025 et conditionne toute discussion politique à la reconnaissance préalable de la victoire d’Issa Tchiroma Bakary, ainsi qu’à la libération de tous les prisonniers politiques.
Le communiqué dénonce par ailleurs des négociations en coulisses avec le régime, menées selon lui par des “mercenaires politiques” se réclamant abusivement de l’UPC 2025, en échange de marchés publics et d’avantages financiers. Dans un ton particulièrement ferme, l’Union pour le Changement appelle à la résistance, à l’unité et à la dignité face à ce qu’elle qualifie de “régime issu d’un coup de force électoral”.
Cette sortie publique tranche radicalement avec un premier communiqué rendu public deux jours plus tôt, signé par Bedimo Kouo du MANIDEM, et Dr Tabué Kaptué du MDI. Dans ce document, les signataires annonçaient que la plateforme accompagnerait tous les candidats de l’opposition lors du double scrutin à venir, avec pour objectif déclaré de “faire barrière au RDPC”. Une position perçue comme un infléchissement stratégique majeur, ouvrant la voie à une participation électorale pragmatique malgré les contestations post-présidentielles.
La contradiction entre les deux textes met en lumière l’existence de deux camps irréconciliables au sein de l’Union pour le Changement 2025 : l’un favorable à une stratégie électorale offensive contre le parti au pouvoir, l’autre arc-bouté sur une ligne de principe fondée sur la non-reconnaissance des institutions actuelles et le rejet de tout processus électoral jugé illégitime.
Au-delà de la bataille de communiqués, cette crise pose la question de la légitimité de la parole au sein de la plateforme, de la succession politique d’Anicet Ekane et, plus largement, de la capacité de l’opposition camerounaise à parler d’une seule voix. À ce stade, l’Union pour le Changement 2025 apparaît fragilisée par des divergences internes profondes, dont l’issue pourrait peser lourdement sur les recompositions politiques à venir.
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