Le 27 août 2025, le gouvernement a inauguré près de 200 logements sociaux à Mbanga Bakoko, dans la périphérie de Douala, présentés comme une réponse au déficit criard de logements décents. Mais derrière le vernis officiel, la réalité est accablante : ces logements, censés offrir un toit aux Camerounais les plus modestes, sont en réalité accaparés par des fonctionnaires, des multimillionnaires et des amis du pouvoir. Les sans-abris, eux, continuent de dormir dans les rues des grandes villes, invisibles aux yeux des autorités qui prétendent œuvrer pour le peuple.
Les immeubles achevés par Paolo & Compagnie et CSR SARL offrent des appartements T3, T4 et T5. Officiellement destinés à soulager la pression sur le marché locatif, ils sont devenus un outil de clientélisme. Les hauts responsables de la République se sont approprié ces logements sociaux, transformant un programme censé être public en propriété privée. Malgré les plaintes récurrentes des citoyens et de la société civile, aucune mesure concrète n’a été prise pour corriger ce détournement. La complicité de l’État dans ce système opaque apparaît presque flagrante.

Parallèlement aux cérémonies et aux annonces de projets comme « un mototaximan, un logement décent abordable » ou les travaux de voirie à Bobongo Cité Verte, le véritable objectif semble être de créer un spectacle politique avant les élections. Le programme, au lieu de répondre aux besoins du peuple, sert à consolider des clientèles et à renforcer le pouvoir en place. Les mots « logement social » ne sont plus qu’un slogan, une façade destinée à masquer une opération lucrative au profit de quelques privilégiés.
Si le Cameroun veut véritablement lutter contre la crise du logement et redonner confiance à ses citoyens, il faudra plus qu’une inauguration : il faudra un audit indépendant, une transparence totale sur l’attribution et un accès réel aux plus démunis. Sans cela, les « logements sociaux » resteront un mirage, un instrument électoral pour quelques-uns, tandis que le peuple continue de subir la précarité au quotidien.

