Le 26 août 2025, le ministre camerounais du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a reçu une délégation du Comité national de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) de Côte d’Ivoire, conduite par Fatoumata Fofana. La rencontre, qui s’inscrit dans une mission de travail jusqu’au 30 août à Yaoundé, visait à renforcer la coopération économique entre les deux pays dans le cadre du marché continental. Le ministre a insisté sur la nécessité de dépasser la simple exportation et importation de biens, en encourageant le transfert de technologies, les investissements croisés et la création de co-entreprises, pour que le commerce serve réellement le développement national et non seulement les intérêts privés.
Si la Zlecaf, entrée en vigueur en janvier 2021, offre un marché de 1,3 milliard de consommateurs africains, les chiffres révèlent un déséquilibre flagrant en faveur de la Côte d’Ivoire. Selon le rapport 2023 de l’Institut national de la statistique (INS), Abidjan fournit 84 400 tonnes de marchandises au Cameroun, pour une valeur de 75,9 milliards FCFA, mais ne figure pas parmi les dix premières destinations d’exportation camerounaises. Le pays d’Afrique de l’Ouest devance ainsi des géants comme le Maroc, l’Afrique du Sud, l’Égypte ou le Nigeria. Cette asymétrie illustre une coopération encore trop centrée sur l’acquisition de parts de marché plutôt que sur un véritable partenariat économique.
Pour corriger cette dynamique, un mini forum économique s’est tenu le 27 août à Yaoundé, suivi de de rencontres B to B et de visites d’entreprises jusqu’au 29 août, afin d’identifier des opportunités concrètes pour les opérateurs camerounais. Au-delà des discussions, l’enjeu est de créer un partenariat gagnant-gagnant, capable d’attirer des investissements durables et de stimuler la compétitivité du Cameroun dans le marché continental.
Cependant, la réussite de cette stratégie dépendra moins des discours que de la mise en œuvre d’actions concrètes et mesurables. Le Cameroun doit impérativement diversifier ses exportations, renforcer son attractivité pour les investisseurs et s’assurer que la Zlecaf profite à ses entreprises et à l’économie nationale, plutôt qu’à une poignée d’opérateurs déjà privilégiés par la relation commerciale historique avec la Côte d’Ivoire. Le défi est clair : transformer un marché continental potentiel en véritable moteur de croissance pour le pays.

