Le Cameroun grimpe d’une place au classement mondial des passeports publié par Henley & Partners le 20 août 2025, mais la progression reste symbolique. Le pays occupe désormais le 84ᵉ rang sur 199, à égalité avec l’Égypte et le Turkménistan. Concrètement, le document camerounais ouvre l’accès à seulement 49 pays sans visa ou avec visa à l’arrivée, loin derrière les passeports africains les plus puissants comme ceux des Seychelles (156 destinations) ou de l’île Maurice (149).

À l’échelle continentale, le fossé est frappant. Là où l’Afrique du Sud permet à ses citoyens de voyager vers 103 destinations sans contraintes majeures, les Camerounais se heurtent encore à une liberté de circulation très limitée. Dans la zone Cemac, le constat est tout aussi mitigé : seul le Congo fait moins bien (85ᵉ place, 48 destinations), tandis que le Gabon, la Guinée équatoriale ou encore le Tchad devancent le Cameroun de plusieurs rangs. Cette situation entretient un sentiment de marginalisation pour les voyageurs camerounais, souvent confrontés à des démarches longues et coûteuses pour obtenir un simple visa.
Le contraste est encore plus visible lorsqu’on compare les classements internationaux. Dans le Passeport Index 2025, le Cameroun occupe la 87ᵉ place avec seulement 20 destinations réellement exemptes de visa, contre 138 qui en exigent toujours un. De son côté, le Guide Passport Ranking Index le relègue au 93ᵉ rang mondial, confirmant la faible puissance du document. Ces écarts reflètent une réalité constante : malgré de légères améliorations statistiques, le passeport camerounais reste parmi les moins compétitifs d’Afrique et du monde.
Au-delà du symbole, ce faible rang pose un enjeu diplomatique et économique. Il souligne les limites de la politique d’ouverture du pays, alors même que la mobilité internationale est un levier essentiel pour les affaires, les études ou le tourisme. Le léger bond enregistré en 2025 ne masque pas l’essentiel : sans une stratégie plus ambitieuse de négociation bilatérale et de coopération internationale, le Cameroun risque de rester enfermé dans une zone grise de mobilité restreinte, au détriment de ses citoyens et de son rayonnement.