Au cœur de la présidentielle 2025, le mouvement s’est imposé comme un acteur clé de la mobilisation électorale et de la vigilance démocratique. Né dans l’ombre des frustrations politiques et de l’abstention massive des jeunes, le mouvement Cartes d’Électeurs est aujourd’hui sur toutes les lèvres. À l’origine de cette initiative, un nom : Alain Boris Tchientcheu, jeune entrepreneur et militant convaincu que le véritable changement au Cameroun passe d’abord par la conscience citoyenne.

Depuis sa création, le mouvement s’est fixé une mission claire : inciter les Camerounais à s’inscrire sur les listes électorales, à retirer leurs cartes, à voter massivement et à défendre leur voix. Une démarche simple en apparence, mais révolutionnaire dans un pays où l’apathie électorale a souvent servi de tremplin à l’immobilisme politique.
De la sensibilisation à la vigilance électorale
Bien avant le scrutin présidentiel d’octobre 2025, Cartes d’Électeurs s’était déjà illustré par ses méthodes innovantes : un club de football communautaire servant de plateforme de sensibilisation au Cameroun, une présence remarquée à la foire du Ngondo avec un stand interactif, et des conférences-débats réunissant figures de la société civile telles que Célestin Djamen, Philippe Nanga, Charles Élie Zang ou encore le Pr Luisson Essomba.
Ces activités avaient un seul but : armer les citoyens face aux pièges du système électoral. Comme le rappelait alors Célestin Djamen, lors d’un panel organisé à Douala : “Les élections ne se gagnent pas dans les tribunaux, mais sur le terrain.”
Un avertissement qui résonnera quelques mois plus tard, lorsque la bataille de la “vérité des urnes” s’invitera dans les rues et sur les réseaux sociaux.
Un acteur majeur lors du scrutin présidentiel
Au plus fort de la présidentielle de 2025, Boris Tchientcheu et son équipe se sont transformés en vigiles du vote populaire. À Douala, le jeune leader a passé la journée du scrutin entre les bureaux de vote et les points de centralisation, veillant à la régularité des opérations. Un travail qu’il a également coordonné dans d’autres où ses différents membres étaient actifs. “Il fallait s’assurer que chaque voix compte vraiment”, confie un membre du mouvement.
Sur le terrain, Cartes d’Électeurs a aussi formé et déployé des observateurs bénévoles, accompagnant les électeurs du matin jusqu’à la tombée de la nuit. Ce travail de proximité a permis de limiter les irrégularités signalées dans plusieurs quartiers populaires de Douala.
Dans un contexte de contestation post-électorale et d’appels au respect du choix du peuple, le mouvement a publié un communiqué fort, rappelant que : “le peuple camerounais doit rester le seul arbitre de son destin politique.”

Un engagement qui se poursuit
Si la présidentielle a mis en lumière l’efficacité du mouvement, Boris Tchientcheu refuse de s’arrêter là. Déjà, Cartes d’Électeurs prépare les prochaines échéances, notamment le double scrutin municipal et législatif. L’objectif : poursuivre la formation citoyenne et amener davantage de jeunes à comprendre que le pouvoir politique ne s’obtient pas par la colère, mais par le vote organisé et défendu.
“Notre rôle n’est pas seulement d’accompagner les électeurs à l’isoloir, mais de bâtir une génération consciente et responsable”, explique le président du mouvement.
Dans un Cameroun où Paul Biya règne depuis 43 ans, l’émergence de telles initiatives traduit un sursaut collectif. Au-delà de la simple participation électorale, le mouvement Cartes d’Électeurs symbolise désormais une nouvelle manière de faire de la politique : depuis la base, avec foi, stratégie et espoir.