Le quartier Odza, à Yaoundé, est plongé dans l’effroi après la découverte, le 10 novembre 2025, du corps sans vie d’un enfant atrocement mutilé. Retrouvé au lieudit Minkan, le petit corps gisait dans une mare de sang, les bras liés, le cœur arraché. Un acte d’une barbarie inouïe qui a bouleversé les habitants et relancé le débat sur la recrudescence des crimes à connotation rituelle au Cameroun. La mère de la victime, grièvement blessée lors de l’agression, a été hospitalisée d’urgence, tandis que deux autres enfants, témoins du drame, sont pris en charge dans un état de choc profond.
Dès les premières heures, les forces de l’ordre ont ouvert une enquête pour tenter d’élucider les circonstances de cette tuerie. Le commissariat de police d’Odza et la gendarmerie ont déployé des équipes sur le terrain, cherchant à identifier les auteurs de cet acte odieux. Mais l’émotion populaire, elle, laisse place à une colère sourde : « On ne se sent plus en sécurité même chez nous », confie un riverain sous anonymat. Ce cri du cœur traduit une exaspération collective face à un climat d’insécurité grandissant et à une impunité perçue dans la gestion de ce type de crimes.
Ce meurtre macabre ravive les vieux démons du trafic d’organes et des pratiques occultes qui surgissent régulièrement dans l’actualité nationale, sans que les enquêtes n’aboutissent véritablement. Chaque affaire de ce genre met en lumière les carences d’un système judiciaire souvent débordé et la lenteur des procédures d’investigation. Les populations, elles, oscillent entre peur et résignation, convaincues que « la vérité finira encore par être étouffée ». Cette défiance populaire souligne le fossé qui s’est creusé entre les citoyens et les institutions censées les protéger.
Au-delà de l’horreur du geste, ce drame met en cause la vulnérabilité des enfants et le laxisme sécuritaire dans les zones urbaines périphériques. Il pose avec acuité la question de la protection des mineurs, de la surveillance communautaire et de la répression effective des réseaux criminels. Tant que ces affaires continueront d’être traitées comme des faits divers isolés, le Cameroun restera exposé à une spirale de violence dont les victimes les plus fragiles paient, une fois de plus, le prix du sang et de l’indifférence.

