Chargée depuis une dizaine d’années des opérations de scanning au Port Autonome de Douala ( PAD), la SGS s’est montrée défaillante au fil des années mettant ainsi en péril un pan stratégique de l’économie nationale.

Le Port Autonome de Douala vient de mettre fin à une décennie de rendement médiocre. C’est que depuis le 2 janvier dernier, la plateforme portuaire a engagé un nouvel opérateur pour les opérations de scanning. Ce nouveau partenaire remplace ainsi la SGS dont le rendement n’a pas été satisfaisant.
Engagé en 2015, la SGS s’est montrée défaillante indique un rapport d’audit effectué sur les 10 ans( 2015-2025) de prestation de l’entreprise.



Le rapport pointe des défaillancessur les infrastructures. Selon le document consulté par MMA, la SGS a accusé un retard criard en ce qui concerne la mise en service des équipements. ” le contrat de 2015 imposait une mise en service sous 10 mois, il aura fallu près de 7 ans à la SGS pour rendre opérationnels seulement quatre scanners “, explique un des auditeurs.
Le rapport d’audit note également : “une
rupture de la chaîne de sûreté : Des opérations menées hors de l’enceinte portuaire ont permis des manipulations post-scan; des failles de détection : Une baisse de la qualité d’image et un vieillissement des équipements ont affaibli la capacité de détection des menaces” lit-on dans le rapport.
Le pomme de discorde est survenue lorsque la SGS a manqué à ses obligations de scanner un conteneur transportant du matériel militaire.
Nouveau défi
Après avoir mis au contrat de la SGS. Il reste désormais au PAD de prendre ses responsabilités sur le contrat PSRD-NG. Il s’agira de sécuriser le pan des Recettes Douanières. Depuis 2015, le PSRD-NG a signé un contrat qui met en mal la souveraineté douanière du pays.
Plusieurs observateurs se demandent comment est-il possible que depuis plus de 10 ans, l’évaluation de la valeur en douane et l’analyse de risques du PAK est gérée par un opérateur privé? A l’analyse, ce contrat créé logiquement qui une situation de dépendance technologique où l’État perd l’accès direct et autonome à ses propres bases de données douanières.
Plusieurs experts pensent que pour sortir de cette situation, il est urgent d’implémenter les réformes impulsées au plus haut sommet de l’État, en privilégiant d’abord la sécurité et la souveraineté de l’Etat ensuite la sécurisation des recettes douanières. En mars dernier , le Président Paul Biya avait donné son “Haut Accord” pour une réforme structurelle. Cette réforme vise à transformer le mécanisme de contrôle de la plateforme portuaire ” d’un simple service commercial à un outil de contrôle préventif fondamental.
La première étape de ce processus était donc le passage à un modèle de scanning, étape préalable, indépendante et techniquement traçable, augmentant ainsi la crédibilité internationale du Port de Douala”, explique un responsable du PAK. Malgré cette vision futuriste, des “tentatives d’influence” sont signalées pour entraver cette transition. Mais la fermeté de l’État ne faillira pas.