Une délégation du mouvement Cartes d’électeurs, conduite par Alain Boris Tientcheu Ekeu, coordinateur du mouvement citoyen Cartes d’électeurs, a effectué vendredi une visite de solidarité à la prison de Ngoma, où sont détenus près de 600 Camerounais dans le cadre de la crise post-électorale. Une démarche à la fois humanitaire et citoyenne, destinée à rappeler à ces détenus qu’ils ne sont pas oubliés.

À l’occasion de cette visite, les membres du mouvement ont remis aux détenus de l’eau potable, des vivres et divers produits de première nécessité. Un geste simple, mais lourd de sens dans un contexte carcéral marqué par la promiscuité et la précarité. « Il s’agit d’un soutien aux détenus politiques, afin qu’ils ne se sentent pas seuls », a expliqué Alain Boris Tchientcheu, interrogé par MMI.
Contrairement à ce que pourraient penser certains observateurs, cette action ne relève pas d’un événement ponctuel. Le président du mouvement souligne qu’il s’agit d’un engagement constant. « Cette action n’est pas nouvelle. Nous apportons régulièrement notre soutien à ces personnes aujourd’hui privées de liberté pour avoir voulu se battre pour un État de droit et l’amélioration de leurs conditions de vie », a-t-il précisé.
La visite a été marquée par la présence de Maître Alice Nkom, avocate et défenseure des droits humains, par ailleurs marraine du mouvement Cartes d’électeurs. Très émue à l’issue des échanges avec les détenus, elle a salué le courage et la résilience de ces jeunes citoyens. Maître Alice Nkom a rappelé que l’engagement civique ne saurait, dans un État de droit, conduire à l’arbitraire ou à la privation injustifiée de liberté.
Également présent, Hiram S. Iyodi, candidat à la dernière élection présidentielle, a tenu à exprimer sa solidarité envers les détenus. Il a réaffirmé que la justice et la liberté constituent des valeurs fondamentales et non négociables pour la Nation camerounaise, appelant à une réflexion collective sur le traitement réservé aux acteurs de la vie citoyenne.
Au-delà de l’assistance matérielle, cette visite se voulait surtout un message : celui de la fraternité nationale et de la reconnaissance de la dignité humaine, même – et surtout – derrière les murs d’une prison. Un rappel discret mais ferme que la crise post-électorale continue de produire ses effets, et que la question des détenus qui en sont issus demeure au cœur du débat public.
