L’interdiction de la conférence de lancement, ce samedi à Bonanjo, n’a pas empêché Impact-100 de dévoiler l’intégralité de son programme dans le dossier de presse préparé pour l’occasion. Porté par l’honorable Nourane Fotsing et son époux Firmin Fotsing, le mouvement y détaille vingt priorités nationales censées structurer son action dans les années à venir.

Sur le plan économique, le texte propose de sortir progressivement du franc CFA au profit d’une monnaie nationale souveraine, de porter le SMIG à 200 000 FCFA, de faire de la diaspora un véritable moteur du développement, et d’ouvrir le marché de l’énergie à la concurrence. S’y ajoutent la gratuité des soins dès l’entreprenariat des jeunes et des études pour ceux qui échouent à en vivre, ainsi que le renforcement de l’autonomie financière des communes par un transfert automatique de 20 % du budget national.
Côté institutions, le mouvement veut garantir une réelle séparation des pouvoirs, réformer la justice, éradiquer la corruption et les lenteurs administratives grâce au numérique, et transformer localement la gestion des ressources publiques. Il propose également d’instaurer des plans quinquennaux assortis d’obligations de résultats, et de garantir le droit à la propriété sans barrières financières.
Le volet social n’est pas en reste : gratuité de l’éducation de la maternelle à l’université, parité homme-femme à 50/50 dans les postes à responsabilité d’ici 2035, pension garantie dès le premier mois de retraite, accès à l’eau potable pour tous, modernisation des routes et du chemin de fer, et protection du territoire et des intérêts stratégiques nationaux face aux influences extérieures.
L’ensemble s’appuie sur dix valeurs revendiquées : intégrité, discipline, justice, mérite, respect de la dignité humaine, compétence, transparence, solidarité, dialogue et innovation.
Reste la question que beaucoup se posent : Impact-100 est-il un parti politique en formation, ou un mouvement citoyen d’accompagnement ? Le document penche clairement vers la seconde option. Il se présente comme un espace de réflexion et de mobilisation citoyenne, explicitement non construit autour d’un homme providentiel, dont l’ambition affichée est d’identifier et de former une nouvelle génération de leaders, avant de contribuer aux politiques publiques et de favoriser le dialogue national. Rien, dans les textes fournis, n’indique une volonté de se transformer en formation politique classique, du moins pour l’instant.
Reste à voir comment ce positionnement résistera à l’épreuve du terrain, surtout après un premier obstacle aussi révélateur que l’interdiction de sa propre conférence de lancement.