Akere Muna, bâtonnier et homme politique bien connu, figure parmi les 13 candidats officiellement retenus par le Conseil électoral d’Elections Cameroon (ELECAM) pour l’élection présidentielle d’octobre 2025, sous la bannière du parti UNIVERS. Malgré cette validation, le juriste a tenu à exprimer, ce lundi, sa « profonde préoccupation » face au rejet de la candidature du professeur Maurice Kamto, soutenue par le MANIDEM.
Dans une déclaration, Akere Muna dénonce une décision qui, selon lui, ne repose ni sur les faits établis ni sur une lecture fidèle du droit. Il évoque en particulier l’article 121, paragraphe 5 alinéa 2 du code électoral camerounais, qui interdit aux membres d’ELECAM de recevoir des instructions d’une quelconque autorité, publique ou privée, nationale ou étrangère.
Rappelant l’exigence d’indépendance dans l’organisation des élections, Muna en appelle au Conseil constitutionnel pour qu’il fasse respecter une maxime fondamentale du droit : « La justice ne doit pas seulement être faite, elle doit aussi être vue comme étant faite. » Une citation célèbre du juge britannique Lord Hewart, qui, selon lui, souligne l’importance capitale de la perception d’équité dans la légitimité d’un processus judiciaire ou électoral.
« Même lorsque la justice est vraiment rendue, un manque de transparence ou une crainte raisonnable de parti pris peuvent sérieusement saper la confiance du public », a-t-il déclaré. Il appelle à une vigilance accrue et à une décision éclairée de la plus haute juridiction du pays.
Cette sortie d’Akere Muna, bien que lui-même admis dans la course, renforce les critiques de plus en plus vives à l’encontre d’ELECAM. Plusieurs autres figures politiques, dont les candidatures ont été invalidées, ont également dénoncé ce qu’elles considèrent comme des manipulations et entraves à la compétition démocratique.
Dans l’attente de la décision du Conseil constitutionnel sur les recours en cours, la tension ne cesse de monter à l’approche d’un scrutin qui s’annonce sous haute surveillance.

