« Le 12 octobre, ne faisons pas que voter. Enterrons une ère. Réveillons une nation. » Dans un message solennel diffusé Akere T. Muna, candidat à l’élection présidentielle, appelle les leaders de l’opposition à dépasser leurs querelles et à former un front uni. Pour lui, le scrutin à venir n’est pas une simple compétition électorale, mais un référendum national : maintenir Paul Biya, 92 ans, au pouvoir après plus de quatre décennies, ou ouvrir une nouvelle page de l’histoire du Cameroun.

L’avocat et homme politique dresse un constat implacable du pays : routes délabrées, hôpitaux transformés en « mouroirs », écoles incapables de préparer l’avenir des enfants, chômage endémique et désespoir généralisé. « Ceci n’est pas le Cameroun de nos rêves, mais celui de 42 ans de décomposition », martèle-t-il, accusant un régime enraciné dans la corruption et l’immobilisme. Il dénonce également une opposition fragmentée en « onze voix qui crient dans des directions différentes », situation qui, selon lui, sert directement les intérêts du pouvoir en place.


Akere Muna insiste : « La volonté populaire de cette nation réclame à cor et à cri l’unité ». Il exhorte particulièrement les candidats issus du Grand Nord, région longtemps considérée comme un bastion électoral du régime, à saisir cette opportunité historique. « Le peuple vous regarde… Il est prêt à passer outre votre passé au sein du système, dans l’intérêt sacré de la reconstruction nationale », écrit-il, estimant que la division équivaut à un vote en faveur du président sortant.
À travers ce message, le candidat transforme l’échéance du 12 octobre en un test de responsabilité historique. Loin d’un simple scrutin, il y voit le moment de vérité : soit l’opposition s’unit et donne aux Camerounais l’alternative qu’ils réclament, soit elle reste prisonnière de ses égos et condamne la nation à « sept nouvelles années de paralysie ».
