Le climat politique camerounais s’électrise à l’approche de l’élection présidentielle de 2025. Le Ministre de l’Administration Territoriale, Atanga Nji Paul, a officiellement saisi le Ministre de la Communication dans une correspondance datée du 7 juillet 2025, qualifiant de « très urgents » les propos tenus par Aboubakar Ousmane Mey, leader de l’« Alliance Nationale Camerounaise », lors de son passage sur Equinoxe TV.
Invité le dimanche 29 juin dans l’émission politique « La vérité en face », le militant a lancé ce que les autorités décrivent comme un appel à l’insurrection, affirmant que son plan pour renverser le régime en place serait « peaufiné à 80% XXL ». Il aurait, selon la note ministérielle, averti les autorités administratives de ne pas tenter de freiner son action, tout en tenant des propos jugés diffamatoires contre les institutions et accusant le MINAT d’avoir orchestré l’agression d’une militante politique dans la région de la Mezam.
Le ministère considère ces déclarations comme une menace grave à l’ordre public. Une enquête a été ordonnée par le MINAT et confiée aux autorités administratives compétentes, afin de déterminer la portée exacte de ces propos et d’engager les responsabilités le cas échéant. L’intervention des services de sécurité (DGSN, SED), des gouverneurs de région et du Conseil national de la communication (CNC) est également mentionnée dans la copie de la correspondance.

Ce nouvel épisode illustre une tension croissante entre pouvoir et figures contestataires, dans un contexte où la défiance politique s’exprime de plus en plus sur les plateaux télévisés et les réseaux sociaux. Alors que les appels au changement se multiplient, les autorités renforcent leur surveillance et n’excluent plus de recourir à des procédures judiciaires pour encadrer les discours perçus comme subversifs.

