La nomination de Rémy Nama à la tête du Conseil constitutionnel est intervenue rapidement après le décès de Clément Atangana. Mais alors que la succession à la tête de l’institution est déjà engagée, aucune réaction publique de Paul Biya à la disparition du magistrat n’avait été identifiée dans les jours qui ont suivi sa mort.

La dépouille de Clément Atangana venait à peine de regagner le Cameroun que son successeur était déjà désigné. Rémy Nama, qui travaillait au Secrétariat général de la Présidence de la République, a été appelé à prendre la tête de cette institution chargée notamment de veiller à la régularité de l’élection présidentielle et d’en proclamer les résultats.
Sur le plan institutionnel, cette nomination rapide permet d’éviter une longue période de vacance. Depuis le décès de Clément Atangana, l’intérim était assuré par le doyen d’âge, Paul Nchoji Nkwi. Mais cette explication ne suffit pas à dissiper les interrogations sur l’absence de réaction publique du chef de l’État.
Le contraste a notamment été relevé après la mort de l’écrivain sénégalais Cheikh Hamidou Kane, survenue le 3 octobre. Cinq jours après le décès de Clément Atangana, Paul Biya a adressé un message de condoléances au Sénégal. À cette date, aucun message similaire concernant le président du Conseil constitutionnel n’avait été identifié dans les communications officielles consultées.

Faut-il y voir un choix délibéré ou un simple défaut de communication ? Rien ne permet, à ce stade, de trancher. Selon la presse, Paul Biya n’est plus apparu en public depuis son retour au Cameroun, le 20 août. Cette absence de visibilité pourrait expliquer, au moins en partie, le manque de communication autour de certains événements.
La nomination de Rémy Nama soulève, elle aussi, des questions. Son passage par le Secrétariat général de la Présidence alimente les interrogations sur les rapports entre l’exécutif et le Conseil constitutionnel, dont le rôle dans le processus électoral est particulièrement sensible.
Dans la famille du défunt, aucune réaction publique d’amertume n’a été rapportée dans les éléments disponibles. Le fils aîné de Clément Atangana a même remercié le chef de l’État pour avoir ordonné l’évacuation de son père par avion médicalisé.
Reste que la disparition d’un responsable placé à la tête d’une institution aussi importante pose aussi la question de la place accordée à l’hommage officiel. Un message de la Présidence aurait-il changé la perception de cette séquence ? La réponse appartient désormais aux faits : il reste notamment à vérifier si un hommage officiel a été publié depuis.
