Le Révérend Pasteur Bertin Kisob, président du Cameroon Party for Social Justice (CPSJ), incarcéré depuis 2017 à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé dans le cadre de la crise anglophone, a officiellement déposé sa candidature pour l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Il revendique être le tout premier candidat à avoir déposé son dossier auprès d’Elecam, malgré sa détention. En 2018, sa précédente tentative de candidature avait été rejetée. “Je reste serein. Cette fois-ci, c’est la bonne”, a-t-il déclaré dans un message transmis par son parti, qui a profité également pour présenter son offre politique ci-dessous.
Dans un communiqué daté du 27 décembre 2023, signé par le Secrétaire général du CPSJ, Pierre Belinga Ondoua, le candidat affirmait déjà : “Nous avons l’honneur de déclarer officiellement la candidature du Révérend Pasteur Bertin Kisob, prisonnier politique injustement incarcéré depuis six ans.” Le projet politique qu’il porte repose notamment sur cinq axes majeurs, dont l’ouverture de négociations directes avec les leaders anglophones en détention et en exil, la sortie de la zone franc CFA, ou encore l’instauration d’une idéologie baptisée Kematisme. Selon la déclaration : “Nous allons changer le nom du pays en États Unis d’Afrique – KAMAT, créer une nouvelle monnaie nationale (le Kemat), et garantir un revenu mensuel de base pour tous.”
Le CPSJ avait par ailleurs annoncé fin 2023 son ralliement à l’Alliance Politique pour le Changement (APC), coalition initiée par Jean Michel Nintcheu et ayant désigné Maurice Kamto comme candidat à la présidentielle. “Nous avons décidé de rejoindre officiellement l’APC du professeur Maurice Kamto pour apporter tout notre soutien à ce projet salutaire pour notre pays”, déclarait alors le parti, en précisant que “des discussions ont été engagées avec les véritables leaders séparatistes de la diaspora” pour permettre un scrutin paisible dans les régions anglophones.
Initialement, le CPSJ avait annoncé qu’en l’absence de libération de son président avant le 1er janvier 2024, celui-ci entamerait une grève de la faim illimitée. Cette action a bien eu lieu début 2024, selon le parti, sans toutefois entraîner sa libération. À ce jour, Bertin Kisob reste en détention. Sa candidature, déposée depuis sa cellule, relance le débat sur la participation politique de détenus en l’absence de condamnation définitive, et pose de nouvelles questions juridiques à quelques mois d’un scrutin présidentiel sous haute surveillance.

