Assassinat des chercheurs à Soulédé-Roua : la douleur des familles face à l’attente insoutenable
Une atmosphère lourde et électrique a envahi la cour du gouvernorat de l’Extrême-Nord hier matin. En quête de réponses et de justice, des familles en deuil, accompagnées de collègues, d’étudiants et de membres de la communauté universitaire, se sont rassemblées devant l’entrée principale du bâtiment.
Leur revendication est simple mais poignante : récupérer les corps de leurs proches, sauvagement assassinés à Soulédé-Roua, pour leur offrir une sépulture digne.
Parmi la foule, des cris de détresse fendent l’air. La mère du défunt Mounsi Frédéric, le regard embué de larmes, exprime son désarroi face à l’attente insoutenable. « Ils ont tué mon fils, ils l’ont tapé comme un chien et brûlé. Je ne sais même pas si la justice existe au Cameroun. Je demande justice pour mon fils », lance-t-elle, la voix brisée par la douleur.
Le rassemblement prend rapidement de l’ampleur, et la pression monte sur les autorités. Mais face à l’onde de colère, le gouverneur, empêché, ne peut recevoir les manifestants. C’est finalement son secrétaire général qui tente d’apaiser les tensions en appelant à la patience et en promettant que l’affaire suit son cours.
Une réponse qui ne convainc pas les familles. « Trop d’attente, trop de souffrance », souffle un proche de Bello Bienvenu, une autre victime. Derrière l’apparente promesse d’une prise en charge, certains redoutent des complications administratives qui retarderaient encore le rapatriement des corps.
L’assassinat brutal de ces universitaires et de leur guide vient une fois de plus endeuiller la communauté académique et pose, avec une acuité brûlante, la question de la sécurité dans cette région marquée par des violences récurrentes.
Face à la pression grandissante, le gouvernement camerounais est désormais contraint de réagir rapidement pour rassurer des citoyens de plus en plus méfiants. Cette tragédie sera-t-elle le déclencheur d’un sursaut sécuritaire dans l’Extrême-Nord ?
Pour l’instant, les familles endeuillées attendent, oscillant entre espoir et crainte, que les corps de leurs proches leur soient enfin restitués.
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