Plus de vingt ans après les attentats du 11 septembre 2001, le procès de Khalid Cheikh Mohammed, présenté comme le cerveau de ces attaques, reste enlisé dans un interminable feuilleton judiciaire. Vendredi 11 juillet, la cour d’appel de Washington a annulé l’accord de plaidoyer qui lui aurait permis d’éviter la peine de mort en échange d’une reconnaissance de culpabilité. Cette décision repousse encore la tenue d’un procès militaire qui semblait déjà hors d’atteinte, prolongeant une affaire emblématique des dérives judiciaires post-11-Septembre.
En août 2024, l’ancien secrétaire à la Défense, Lloyd Austin, avait révoqué cet accord négocié avec Khalid Cheikh Mohammed et ses deux coaccusés, Walid bin Attash et Mustafa al-Hawsawi, tous détenus depuis 2006 dans la prison hautement controversée de Guantanamo. Le juge militaire en charge du dossier avait tenté de rétablir l’accord en novembre, mais la cour d’appel vient de valider son annulation, estimant que « le ministre a agi dans les limites de ses pouvoirs légaux » et soulignant au passage les « erreurs indiscutables » du juge militaire.
Cet accord aurait permis aux accusés de plaider coupable et d’échapper à la peine capitale en échange d’une peine de prison à perpétuité, évitant un procès aux allures d’épreuve impossible. Car depuis des années, cette procédure est empêtrée dans des querelles juridiques, des contestations sur la légalité des preuves — certaines obtenues sous la torture — et les incertitudes sur la légitimité même des tribunaux militaires d’exception.
Symbole de ces impasses, Khalid Cheikh Mohammed reste à ce jour l’un des détenus les plus célèbres de Guantanamo. Arrêté en 2003, il est accusé d’avoir orchestré les attentats qui ont coûté la vie à près de 3 000 personnes. Pourtant, près de deux décennies plus tard, la justice américaine semble toujours incapable de solder ce dossier, qui continue d’alimenter les critiques sur l’échec des procédures d’exception mises en place après le 11-Septembre.
