Détenu à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui, Bibou Nissack, militant du MRC de la fédération communale de Batcham et prisonnier politique, a saisi le Comité national de médiation et d’arbitrage (CNMA) du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun. Sa plainte vise Henry Djoko, militant du parti à Strasbourg, en France. Le courrier, en cinq pages, porte un cachet d’arrivée daté du 30 octobre 2026.

Selon le plaignant, l’affaire part d’une sommation qu’il a fait remettre à M. Djoko par le professeur Fogué Tedom. Elle visait à lui demander de cesser de le calomnier. M. Djoko aurait d’abord nié les faits auprès du professeur, avant de lui adresser un message écrit, daté du 27 octobre 2026, depuis une adresse située hors de la prison. Bibou Nissack affirme que ce message, imprimé par son épouse et acheminé jusqu’à lui, contient des aveux de trahison. Il y a répondu par écrit, par le même canal.
L’auteur de la plainte soutient que M. Djoko a personnellement tenu et relayé par téléphone des propos l’accusant d’avoir « insulté » le président élu Maurice Kamto, d’avoir « fait alliance avec le régime » et d’avoir « tourné le dos au MRC ». Il dit aussi avoir été informé de rumeurs attribuées à des « sources canadiennes » : il aurait bénéficié d’une maison construite par la diaspora, et un membre de sa belle-famille aurait négocié un arrangement avec le pouvoir de Yaoundé. Il y répond qu’il n’a trahi ni Maurice Kamto ni le MRC, et que le chantier de sa maison, financé sur fonds personnels, a dû être arrêté en raison de sa détention prolongée.

Bibou Nissack accuse Henry Djoko, et d’éventuels complices, d’orchestrer une campagne de délation qu’il qualifie de conspiration, et dont il redoute les conséquences sur sa sécurité. Il cite Romaric Tenda et Me Roland Dieuwou comme témoins de l’appel téléphonique en cause, et désigne le professeur Fogué Tedom Alain et Zamboué Pascal comme garants de sa moralité.
Sur le fondement des articles 82 et 83 (5e tiret) du règlement intérieur du MRC, il demande au CNMA d’exclure Henry Djoko pour trahison, d’identifier ses éventuels complices et de leur appliquer la même sanction. Il réclame aussi un avis mettant en garde les militants contre la calomnie, ainsi que le rétablissement de son honneur, en s’appuyant sur la décision rendue après la plainte du professeur Fogué en octobre 2025.





Avant toute décision, il propose enfin une série de questions à poser à M. Djoko. Elles portent sur leurs apports respectifs à la cause du MRC, sur son rôle dans la saisine du Conseil constitutionnel en 2018, dans la préservation du parti en 2019 et dans la rencontre avec la délégation reçue par le Premier ministre Joseph Dion Ngute. Il y rappelle près de six ans de détention.