Cameroon

Chefferies traditionnelles : Un mort et de nombreux blessés dans un conflit de succession à L’ouest

Les populations pointent les forces de maintien de l’ordre

Tout a commencé mercredi 15 novembre dernier. Le chef de Bagam, localité de l’arrondissement de Galim dans le département des Bamboutos à l’ouest du pays entame une tournée pour prendre Contact avec les populations. Il commence par les secteurs Pekong, Tchienegong puis Memipong. Jusque là aucun problème particulier.

Sauf que hier 16 novembre 2023, il entame l’étape de Bagam centre. Alors que les chapiteaux sont en train d’être étalés pour la cérémonie à la place des fêtes, des tensions éclatent. Les habitants veulent empêcher la tenue de l’événement. Les forces de l’ordre sont prises à partie. ” Un policier est tombé après avoir reçu un coup. On ne sait pas trop comment” relate un témoin.

Voilà qui a mis le feu aux poudres. Dans la foulée, les gendarmes et policiers engagent la riposte munis de leurs boucliers anti émeutes. Car les autorités sachant que la tournée du chef de 2è contesté serait forcément une initiative difficile à implémenter ont mobilisé en grand nombre les forces de sécurité. Dans ces tensions, un civil, mécanicien de la vingtaine, est atteint par balle. Il tombe et meurt

Cette nouvelle s’était rapidement répandue à travers le département et notamment à Bangam. Immédiatement une partie des populations s’organise et prend la route pour Mbouda situé à 5 kilomètres. Une fois sur place, les femmes se déshabillent lors d’un sit in devant les services de la préfecture et montrent leur intimité aux personnels sur place. Des scènes filmées qui ont ensuite été largement relayées sur les réseaux sociaux. Dans le même temps à Bangam, une dizaine de motos avaient été brulées

Ces centaines de personnes accusant le préfet David Delor DIBANGO en poste depuis quelques mois d’avoir organisé l’arrestation de ” leur chef”. Mathurin MUYEBE toujours détenu à la prison centrale de Bafoussam sous ordre du Gouverneur pour usurpation de titre et troubles à l’ordre public avait été “installé” par ses partisans quelques jours plutôt dans ce groupement où les questions de succession à la tête des chefferies alimentent de vives tensions depuis 20 ans. Mathurin revendique le statut de chef légitime depuis 2020 lorsque son frère Dieudonné ZOSIE a été fait chef du groupement. Peu avant ZOSIE Dieudonné. Le même jour. Le nommé Célestin NOUPEBEYI un des enfants du défunt roi avait été consacré chef dans la case sacrée. La dernière consécration date donc de ce 21 octobre 2023. Celle de Mathurin MUYEBE.

Dans une lettre prise en octobre dernier, le ministre de l’administration territoriale Paul ATANGA NJI instruisait au préfet des Bamboutos de n’autoriser que des activités organisées par Dieudonné ZOSIE dont l’homologation de la désignation comme celle des deux autres est dans l’impasse face aux contestations de part et d’autres

Cette chefferie de deuxième degré a été dirigée pendant 49 ans par le père des trois protagonistes. Il s’agit de sa majesté Jean Marie SIMO TENKUE, mort des suites de COVID 19 en 2020.

Les chefferies traditionnelles au Cameroun sont régies par le décret du 15 juillet 1977. Ce texte prévoit en son article 8 que ” les chefs traditionnels sont en principe choisis au sein des familles appelées à exercer coutumièrement le commandement traditionnel. Les candidats doivent remplir les conditions d’aptitude physique et morale requises et savoir autant que possible lire et écrire”

L’article 9 précise que la vacance d’une chefferie traditionnelle en cas de décès, démission, de destitution ou d’incapacité physique ou morale permanente du titulaire, dûment constatée par un médecin public requis à cet effet. Mais le plus souvent, lea désignation des chefs est fortement influencée par les intérêts politiques Généralement, ces moments donnent lieu à de vives contestations avec en sous bassement, des actes corruption et de favoritisme

Mimi Mefo Info (MMI)

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