Cameroon

Christian Ntimbane Bomo conteste la validité des 300 parrainages exigés pour candidater

À un peu plus de quatre mois de l’élection présidentielle au Cameroun, un débat juridique fait irruption sur la scène politique. Christian Ntimbane Bomo, avocat et candidat déclaré à la magistrature suprême, remet en cause la condition des 300 signatures exigées par le Code électoral pour valider une candidature. Selon lui, cette obligation (définie à l’article 121) ne tient plus. Et pour cause : le report des élections législatives et municipales à 2026, décidé par décret présidentiel, rendrait inopérante cette disposition dans le contexte actuel.

L’article 121 impose aux candidats de recueillir 30 parrainages dans chacune des dix régions du pays, provenant notamment de députés, sénateurs, conseillers municipaux ou chefs traditionnels. Or, avec le report des scrutins législatifs et municipaux initialement prévus en 2025, les élus actuels restent en poste au-delà de leur mandat.

« On ne peut pas exiger des signatures à des élus dont la légitimité est prorogée par décision exceptionnelle », argue Christian Ntimbane Bomo.

Pour justifier cette prorogation, les autorités ont invoqué l’article 15 alinéa 4 de la Constitution, qui autorise le maintien des députés en cas de “crise grave”, et l’article 170 du Code électoral, qui permet le report des municipales pour des raisons de “nécessité”.

Dans cette situation, l’avocat s’appuie sur un principe fondamental : nul n’est tenu à l’impossible. En clair, l’État ne peut pas exiger de candidats une démarche rendue matériellement impraticable… par l’État lui-même.

Selon lui, exiger les 300 signatures dans un tel contexte revient à instaurer un filtre injuste, discriminant, voire anticonstitutionnel.

Christian Ntimbane Bomo interpelle désormais le Conseil constitutionnel. Il appelle à une lecture souple et cohérente des textes, tenant compte des circonstances exceptionnelles. Une dérogation temporaire à l’article 121 serait, selon lui, la seule voie possible pour garantir la sincérité du scrutin présidentiel.

« La légitimité démocratique de l’élection repose sur un accès équitable à la candidature. Sinon, c’est la démocratie elle-même qu’on fausse. »

Cette prise de position pourrait relancer le débat sur l’équité du processus électoral, dans un climat déjà chargé d’incertitudes et de tensions à l’approche de l’échéance présidentielle.

Gilles Noubissi

Recent Posts

Shot in the Face at 15, Bah Median Still Dreams of Becoming a Doctor

When Median Bah Ekue heard villagers saying she was dead, she could not speak to…

2 days ago

Women Left “in Constant Peril” as Biya Government Breaks Decade-Old Pledge on Violence—Report

A new Human Rights Watch report finds that fifteen years after promising to halve gender-based…

2 days ago

The Resignation That Rewrote a Legacy: One Year On From Issa Tchiroma’s Break With Biya

Today, 25 June, marks exactly one year since Issa Tchiroma Bakary did something Cameroonian politics…

2 days ago

Paul Biya Death Rumours: The Cameroon President Who Keeps “Dying” and Living

Paul Biya has been pronounced dead more times than most leaders are pronounced anything. The…

2 days ago

Mayo-Tsanaga: The Alarm Cry of a Division Battered by Insecurity

Mayo-Tsanaga continues to bear the scars of a security crisis that has dragged on for…

2 days ago