Le climat déjà tendu de la crise post-électorale camerounaise s’alourdit encore. Le Collectif des organisations des enseignants du Cameroun (Corec) a adressé une lettre ouverte au Premier ministre, Joseph Dion Ngute, pour réclamer la libération immédiate de deux syndicalistes arrêtés fin octobre dans des conditions jugées illégales. Accusant les autorités de bafouer l’État de droit, le collectif annonce qu’il met fin à toute participation au dialogue avec le comité interministériel tant que Roland Assoah Etoga et Florence Aimée Titcho ne seront pas remis en liberté.
Selon le Corec, les deux responsables syndicaux ont été interpellés entre le 24 et le 29 octobre dans des circonstances opaques, impliquant des hommes cagoulés et des méthodes assimilées à des enlèvements nocturnes. Le cas d’Assoah Etoga, emmené de son domicile en pleine nuit et porté disparu pendant plus de 72 heures, aurait profondément choqué la communauté éducative. Les familles et collègues n’auraient obtenu des informations sur leur localisation qu’après avoir visité plusieurs unités de sécurité à Yaoundé et Douala.
À ce jour, le Corec affirme que Roland Assoah Etoga est maintenu en garde à vue dans un poste de gendarmerie du centre-ville de Yaoundé, tandis que Florence Aimée Titcho a été transférée à la prison centrale de Douala après un passage à la brigade de Besseke. Les visites des membres du collectif décriraient des conditions de détention « indécentes et humainement inacceptables ». Plus préoccupant encore : aucune charge précise n’aurait été notifiée aux deux enseignants, en violation des règles de procédure.
En prenant publiquement position, le Corec dénonce des « exactions inqualifiables » et prévient qu’il ne cautionnera pas les « motifs fantaisistes » que le gouvernement pourrait avancer pour justifier ces arrestations. Le bras de fer s’annonce dur : le collectif évoque désormais la mobilisation de tous les recours syndicaux et juridiques pour obtenir la libération de ses camarades, tandis que cette nouvelle controverse entache davantage un contexte politique déjà fragilisé par les tensions post-électorales.
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