Conac
En une semaine, la Commission nationale anti-corruption (CONAC) a mené à Douala une offensive d’ampleur inédite, baptisée « Special Crusade », qui s’est soldée par l’arrestation de 18 personnes impliquées dans des affaires d’extorsion, de fraude et de détournement de fonds. L’opération, dirigée par le président de la CONAC, Dr. Dieudonné Massi Gams, a ciblé plusieurs secteurs-clés de la vie économique et sociale, exposant une corruption systémique qui gangrène la capitale économique du pays.
Les enquêtes ont mis en lumière un vaste réseau de pratiques illicites allant des abus de fonction par des agents municipaux à l’extorsion de conducteurs de moto-taxis et de commerçants, en passant par des fraudes dans l’obtention de titres fonciers et la vente illégale de terrains. Ces révélations confirment ce que beaucoup de citoyens dénoncent depuis longtemps : une corruption qui s’ancre dans le quotidien, pénalisant les plus vulnérables et freinant le développement urbain.
Sur les 80 plaintes traitées pendant l’opération, 61 concernaient des affaires déjà connues dans la région du Littoral et 19 étaient de nouveaux signalements. L’utilisation de canaux modernes comme WhatsApp a facilité la collecte d’informations tout en protégeant l’identité des lanceurs d’alerte, signe que l’institution tente d’adapter ses méthodes à la réalité du terrain. Mais si la mobilisation est saluée, elle soulève aussi la question de la capacité des autorités à transformer ces coups d’éclat en changements structurels.
Pour Dr. Dieudonné Massi Gams, le message est clair : « La commission ne se reposera pas tant que ce fléau social ne sera pas éradiqué. » Une promesse forte, mais qui sera jugée à l’aune des actes et de la régularité des interventions. Car au Cameroun, les opérations spectaculaires ont souvent été suivies d’un retour aux vieilles habitudes. Reste à voir si cette campagne sera le début d’un véritable assainissement ou un épisode de plus dans l’interminable feuilleton de la lutte contre la corruption.
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