Cameroon

Ndogpassi 3 : une femme violemment battue par son conjoint, sa vie toujours en danger

Mayou Sylvie Joëlle, 40 ans, se trouve actuellement sous soins intensifs dans un centre de santé du quartier Ndogpassi 3 à Douala, après avoir échappé de justesse à la mort dans la nuit du 9 août 2025. Selon les témoignages de ses enfants, c’est son conjoint, Kuitou Serge, qui l’aurait rouée de coups dans une scène d’une extrême violence, sous leurs yeux impuissants. Des images reçues par le confrère Griote montrent la victime, le visage ensanglanté, visiblement traumatisée. Fait plus alarmant : l’agresseur présumé serait toujours en liberté et chercherait activement à « en finir » avec elle.

Ce drame ne serait pas un incident isolé. Toujours d’après les enfants, l’homme aurait déjà tenté à plusieurs reprises de tuer leur mère. Un comportement qui interpelle sur l’absence de mesures de protection efficaces pour les victimes de violences conjugales au Cameroun. Dans un contexte où le féminicide reste un sujet largement minimisé par les autorités et la société, cette affaire illustre une fois de plus le gouffre entre les discours officiels et la réalité du terrain.

Alors que la vie de Mayou Sylvie Joëlle reste menacée, l’urgence est double : assurer sa sécurité immédiate et mettre hors d’état de nuire un individu déjà signalé pour des violences répétées. Les forces de l’ordre, informées de la situation, n’auraient pas encore procédé à l’interpellation du suspect, soulevant des interrogations sur la réactivité du système judiciaire face à ce type de menace.

Cette affaire, tragiquement banale dans sa violence, rappelle que derrière chaque statistique sur les violences faites aux femmes, il y a des visages, des enfants témoins, et des vies suspendues à la lenteur administrative. La question n’est plus seulement de savoir si Kuitou Serge sera arrêté, mais si le Cameroun est prêt à traiter enfin le féminicide comme une urgence nationale.

Gilles Noubissi

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