Cameroon

Endettement : le Cameroun décroche 159 milliards FCFA grâce à une garantie d’Afreximbank

L’État du Cameroun vient de mobiliser 159 milliards de FCFA auprès de banques locales, un nouvel emprunt rendu possible grâce à la garantie partielle ou totale d’Afreximbank. L’information, issue de la note de conjoncture sur la dette arrêtée à fin septembre 2025 par la Caisse autonome d’amortissement (CAA), confirme l’accélération du recours aux financements bancaires garantis, alors même que l’identité des établissements prêteurs reste soigneusement tenue secrète. À ce stade, il resterait théoriquement 91 milliards de FCFA à lever dans l’enveloppe autorisée par la loi de finances rectificative, sauf si le gouvernement revoit à la baisse ses besoins.

Cette nouvelle opération porte à deux les interventions d’Afreximbank au profit du Trésor camerounais en 2025. Le 30 juin, la banque panafricaine, désormais dirigée par le Camerounais George Elombi, avait déjà facilité une levée de 200 milliards de FCFA sur le marché sous-régional des titres publics via un montage inédit : un swap de devises entre euros et FCFA orchestré avec la BEAC, permettant ensuite à Afreximbank de souscrire des obligations du Trésor camerounais rémunérées entre 6,5 % et 7,5 %. Une première qui avait marqué l’entrée d’un investisseur étranger sur un marché jusqu’ici quasi fermé aux acteurs non résidents.

En théorie, ces garanties et montages structurés doivent élargir la base d’investisseurs, dynamiser la courbe des taux et réduire le coût du risque souverain. Dans la pratique, cette stratégie révèle aussi les tensions croissantes sur les financements domestiques, où les banques, déjà très sollicitées par les États de la Cemac, commencent à montrer des signes de saturation. Le recours massif à un garant extérieur, aussi solide soit-il, met également en lumière la fragilité de la signature souveraine camerounaise et la difficulté persistante à attirer durablement des capitaux privés sans soutien institutionnel.

Reste une interrogation majeure : jusqu’où le Cameroun peut-il pousser cette stratégie sans compromettre sa discipline d’endettement ? Les garanties d’Afreximbank améliorent la liquidité à court terme, mais génèrent des engagements hors bilan qui exigent une transparence totale. De même, la multiplication des opérations de financement pourrait peser sur le crédit au secteur privé si la coordination avec la BEAC n’est pas rigoureusement maintenue. Autant de défis qui conditionneront l’efficacité réelle de cette diversification présentée comme une avancée, mais qui porte en elle des risques encore largement sous-estimés.

Mimi Mefo Info Francais (Editor)

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