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Eseka : le préfet s’acharne contre l’âme de Ruben Um Nyobe

Le préfet du département du Nyong et Kelle vient d’adresser un courrier au maire d’Eséka pour retoquer une résolution du conseil municipal du 12 mai décidant de baptiser la place des fêtes de la ville « Place Ruben Um Nyobe ».

La décision du conseil municipal a pourtant été prise en conformité avec le décret du Premier ministre du 21 septembre 2020 qui prévoit que « l’initiative de la commémoration des personnages historiques ou emblématiques morts relève de l’État, des Collectivités territoriales décentralisées ou des communautés concernées, conformément aux lois et règlements en vigueur ».

En rappel, Ruben Um Nyobe a été la toute première personnalité d’envergure nationale à défendre le droit des Camerounais à être libres dans le concert des Nations devant l’assemblée générale de l’ONU il y a 71 ans.

Pour justifier son opposition, le préfet indique que le décret prévoit aussi l’adoption de textes d’application, « en tant que de besoin ».

La clause dilatoire « en tant que de besoin » montre clairement que c’est au niveau du gouvernement que se fait le verrouillage de la commémoration de nos personnages historiques.

Une situation proprement insupportable dans un pays où seuls sont célébrés les colons et leurs collaborateurs locaux. On se rappelle encore des séjours d’André Blaise Essama en prison pour avoir décapité le général Leclerc, l’un des compagnons du général Charles de Gaulle, l’homme d’État français responsable de l’assassinat du Mpodol.

Le refus de voir le nom de Um Nyobe s’inscrire dans l’espace public étatique est inacceptable sur le plan national, il signifie aussi un rejet pour nous autres ressortissants de l’ancien département de la Sanaga-Maritime (actuels Nyong-et-Kelle et Sanaga-Maritime) pour qui Um Nyobe est aussi et surtout une figure ancestrale.

Les Bambombock, les leaders politiques, les citoyens Camerounais de toutes origines doivent prendre acte des manoeuvres  d’obstruction d’un État encore englué dans une logique coloniale où seules sont célébrées les mémoires d’ailleurs.

Prendre acte et opposer à cet État dictatorial une résistance active en maintenant le nom de baptême de la place des fêtes d’Eséka qui est donc la place des fêtes Ruben Um Nyobe.

William Bayiha.

Mimi Mefo Info

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