Sport

Joseph Feutcheu démissionne du football camerounais et accuse Samuel Eto’o de « destruction systémique »

Le football camerounais traverse une tempête sans précédent. Joseph Feutcheu, figure importante du ballon rond national, a annoncé ce lundi son retrait définitif de toutes les activités fédérales. Dans une lettre de démission explosive, l’ancien président de club accuse sans détour Samuel Eto’o de « détruire l’écosystème du football » depuis son arrivée à la tête de la Fédération (FECAFOOT) en décembre 2021.

À 67 ans, celui qui se présente comme un « serviteur désintéressé » du sport camerounais dresse un bilan accablant. Après avoir financé pendant deux ans des centres de formation et présidé quatre clubs dont la Panthère du Ndé, vainqueur de la Coupe du Cameroun en 2009, le président de Djiko FC dénonce une « dérive autoritaire » sous l’ère Eto’o.

« J’ai cru en une renaissance avec l’élection d’une légende du terrain. Las… Les subventions étatiques disparaissent, les sponsors comme MTN ne paient plus les clubs, et les arbitres truquent les matchs sur ordre », assène-t-il dans son courrier, adressé à la communauté footballistique et consulté par notre rédaction.

Une liste d’accusations en cascade

Le document détaille cinq griefs majeurs :

  1. Le détournement présumé de 3 ans de subventions gouvernementales jamais redistribuées aux clubs
  2. Le non-versement des fonds du partenariat avec MTN, estimés à plusieurs millions de FCFA
  3. Une « instrumentalisation » des arbitres pour « éliminer les présidents récalcitrants »
  4. Des suspensions abusives de dirigeants (5 à 10 ans) pour étouffer les critiques
  5. L’exclusion controversée du Bamboutos FC de Mbouda des compétitions continentales

« Nul n’est au-dessus des lois, pas même une icône », tonne Joseph Feutcheu, révélant avoir saisi le Tribunal de Conciliation du Sport (TCS). Une procédure rare au Cameroun, où les conflits fédéraux se règlent habituellement en coulisses.

Reste que le timing interroge : Feutcheu claque la porte à trois mois des élections fédérales, alimentant les spéculations sur un possible front anti-Eto’o. « Je reviendrai quand le leadership actuel aura quitté la scène », promet-il en post-scriptum, jetant un pavé dans la mare à l’heure où le Cameroun rêve de renouer avec ses heures de gloire.

Gilles Noubissi

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