Candidate indépendante à l’élection présidentielle camerounaise d’octobre 2025, Bijou Ongmakagne a accordé un entretien dans lequel elle expose sa vision, ses motivations et les contours de son programme politique intitulé « Renaissance du Cameroun ». À travers une posture ferme et un discours structuré, elle revendique une alternative crédible, portée par une parole libre, une démarche citoyenne et un projet qu’elle veut inclusif et transformateur.
« Je ne viens pas du sérail politique traditionnel, mais du réel : celui du peuple, des femmes et des jeunes qu’on n’écoute pas assez », déclare-t-elle d’entrée. Juridiquement fondée et administrativement recevable, sa candidature répond à une « lassitude généralisée face aux promesses non tenues » et à un besoin de rupture qu’elle assume sans détour : « Quelqu’un devait avoir le courage de dire maintenant, ça suffit ».
Accusée par certains de vouloir faire le « buzz », elle répond avec fermeté : « Le changement commence toujours avec le courage d’une voix solitaire. Je ne cherche pas le buzz, je cherche le basculement ». À ceux qui doutent de sa légitimité, elle oppose son engagement profond et la sincérité de sa démarche : « Je ne suis ni achetée ni téléguidée. Je parle vrai, je propose du concret ».
Les 14 axes du programme Renaissance du Cameroun
Le programme de Bijou Ongmakagne repose sur 14 priorités structurantes, qui touchent aux domaines clés de la gouvernance, de l’économie et de la société. Les voici :
- Refondation des institutions : rétablir la transparence, garantir l’indépendance judiciaire, et mettre en œuvre une décentralisation effective.
- Réforme de l’éducation : adapter l’école aux réalités du monde professionnel pour une jeunesse utile et compétente.
- Accès universel à la santé : mettre en place une couverture médicale solidaire et renforcer les infrastructures de santé de proximité.
- Justice sociale : garantir une retraite digne, lutter contre les discriminations et revaloriser les services publics.
- Modernisation agricole : mécanisation des filières, valorisation des produits locaux et autonomie alimentaire.
- Énergie et environnement : développer les énergies renouvelables et instaurer une gouvernance écologique du territoire.
- Emploi des jeunes : encourager l’entrepreneuriat, simplifier l’accès au crédit et promouvoir les métiers de demain.
- Réconciliation nationale : instaurer un dialogue franc, reconnaître les blessures du passé et construire une mémoire partagée.
- Éthique de la gouvernance : lutte contre la corruption, réforme du financement des partis politiques, limitation des mandats.
- Démocratie numérique : accès à Internet pour tous, régulation des médias sociaux, formation aux outils numériques.
- Défense et sécurité humaine : recentrer la mission des forces de défense sur la protection des citoyens et du territoire.
- Culture et identité : soutien à la création artistique, protection des langues nationales et valorisation du patrimoine.
- Politique extérieure souveraine : redéfinir les partenariats internationaux selon les intérêts réels du Cameroun.
- Valorisation de la diaspora : créer un Haut Conseil de la Diaspora Camerounaise pour institutionnaliser sa participation au développement.
Consciente de ses moyens limités face aux grandes formations politiques, Bijou Ongmakagne annonce une campagne « modeste mais transparente », financée grâce aux contributions citoyennes, à la diaspora et aux soutiens de terrain : « Chaque franc est tracé. Je refuse l’opacité et les financements douteux ».
Elle prévoit de sillonner les dix régions du pays, selon les moyens disponibles, et de rencontrer la diaspora camerounaise, qu’elle considère comme une « force d’idées, d’investissements et d’exigence démocratique ». Elle se dit également favorable à la reconnaissance de la double nationalité, dénonçant une vision punitive vis-à-vis des Camerounais établis à l’étranger : « La diaspora n’est pas une menace, elle est une ressource ».
Pour conclure, Bijou Ongmakagne invite les électeurs à se réapproprier leur pouvoir :
« Ne laissez personne décider à votre place. Informez-vous, débattez, exigez des projets clairs. Et surtout, votez en conscience, car votre avenir commence par votre voix. »
Son message s’adresse à tous les Camerounais, sans distinction d’âge, de région ou de statut. Reste à voir si cette voix nouvelle, isolée mais déterminée, parviendra à transformer la sympathie en suffrages dans un paysage politique souvent verrouillé.

