À quelques semaines des élections pour la présidence de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), prévues en décembre 2025, le Ministère des Sports et de l’Éducation physique a clarifié les règles applicables pour le processus électoral, réaffirmant le rôle central du cadre légal dans l’organisation des instances sportives nationales. Dans un courrier officiel adressé à M. Aboubakar Alim Konaté, délégué à l’Assemblée générale de la FECAFOOT pour la Ligue régionale du Nord, le ministère rappelle que le respect des principes de consensus, d’inclusion et de paix est impératif pour la tenue des élections. Le document insiste également sur l’importance du contrôle de conformité des statuts et règlements de la FECAFOOT par le ministère, conformément à l’article 7 de la loi n° 2018/014 du 11 juillet 2018, qui stipule que « pour leur entrée en vigueur, les statuts et règlements sont soumis à un contrôle de conformité du Ministère en charge des sports, tant lors de leur adoption que de leur modification ».
Le courrier souligne qu’aucun texte de la FECAFOOT n’avait satisfait à cette exigence depuis l’élection du bureau exécutif actuel, ce qui signifie que seuls les statuts adoptés le 13 juillet 2021 et les règlements subséquents, antérieurs à l’élection du président de la FECAFOOT le 11 décembre 2021, sont désormais considérés comme applicables pour l’élection à venir.
Cette décision a des implications immédiates et concrètes pour la course à la présidence de la FECAFOOT. Selon ces statuts, Samuel Eto’o, l’ancienne star internationale du football camerounais, ne peut pas être candidat. La raison est liée à sa condamnation en Espagne pour fraude fiscale : en juin 2022, Samuel Eto’o a été jugé coupable d’avoir détourné plus de trois millions d’euros (près de 2 milliards de FCFA) au Trésor public espagnol entre 2006 et 2009. Reconnaissant les faits, il a été condamné à 22 mois de prison ferme, peine dont il n’a pas fait l’objet d’incarcération.
La possible exclusion de Samuel Eto’o engendre un dilemme majeur dans le football camerounais : comment concilier le désir d’un retour de figures emblématiques du sport avec le respect strict des règles légales et éthiques ? Certains observateurs estiment que cette décision, bien que contestée par une partie des supporters de la légende du football camerounais, renforce la crédibilité du processus électoral en rappelant que le sport ne peut être détaché du respect des lois et de la probité morale.

Pour le ministère, cette clarification s’inscrit dans sa mission de garantir la transparence, la légalité et la paix dans le sport national, tout en posant un cadre clair et indiscutable pour les candidats à la présidence de la FECAFOOT. Elle intervient dans un contexte où le football camerounais, longtemps marqué par des tensions internes et des conflits d’intérêts, tente de se réformer pour retrouver la confiance des acteurs nationaux et internationaux.
L’échéance du 12 octobre sera donc observée de près, non seulement pour le choix du futur président de la FECAFOOT, mais aussi comme un test de la capacité du Cameroun à organiser des élections sportives transparentes, légales et inclusives, dans le respect des principes de gouvernance qui encadrent désormais les fédérations sportives nationales.

