Le Cameroun amorce une transformation majeure de sa production de lait et de poisson avec des objectifs inédits à l’horizon 2026. Une convention signée à Yaoundé entre le ministère de l’Élevage et la Banque camerounaise des Petites et Moyennes Entreprises (BC-PME) marque un tournant décisif dans la mise en œuvre du Plan intégré d’import-substitution (PIISAN), pour faire du Cameroun l’un des plus grands producteurs mondiaux de lait et de poisson.
L’objectif est ambitieux : passer de 2 450 tonnes à 450 000 tonnes de lait produit localement en seulement deux ans. Pour le poisson, la production visée grimpe à 340 000 tonnes, contre environ 24 000 actuellement.
Lors de la signature, le directeur général de la BC-PME a déclaré que cette nouvelle dynamique vise à permettre au pays de produire ce qu’il consomme, en réduisant sa dépendance aux importations. La banque mettra à disposition des financements spécialement conçus pour soutenir les acteurs de la filière, aussi bien dans la production que dans la transformation.
Le cahier de charges prévoit un accompagnement structuré des porteurs de projets, avec des crédits alloués à l’acquisition d’infrastructures modernes et à l’optimisation des capacités existantes. La SODEPA (Société de développement et d’exploitation des productions animales), de son côté, a affirmé vouloir mobiliser tous les acteurs concernés pour faire du PIISAN un véritable levier de développement.
Avec ce partenariat, le Cameroun espère renforcer durablement sa souveraineté alimentaire et stimuler l’investissement privé dans les secteurs clés de l’élevage et de la pêche. Le défi reste immense, mais les autorités misent sur cette nouvelle approche pour moderniser l’ensemble de la chaîne de valeur et créer des milliers d’emplois dans les zones rurales.

