Economy

Le Cameroun sollicite un nouvel emprunt bancaire de 250 milliards FCFA

Le gouvernement camerounais s’apprête à contracter un emprunt de 250 milliards de FCFA auprès des banques locales, avec la garantie de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank). Cette opération figure dans le projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2025, que l’exécutif entend soumettre prochainement à l’Assemblée nationale. Si elle est validée, cette nouvelle dette viendra presque doubler l’enveloppe initiale des emprunts bancaires de l’État pour l’année, la faisant passer de 220,6 à 440,1 milliards de FCFA. Une décision qui relance le débat sur la soutenabilité de l’endettement public.

Ce serait la deuxième intervention d’Afreximbank en faveur du Trésor camerounais en 2025. Le 30 juin dernier, la banque panafricaine, désormais dirigée par le juriste camerounais George Elombi, a déjà facilité une levée de 200 milliards de FCFA sur le marché des titres publics de la BEAC. L’opération, structurée sous forme de swap (échange euro/FCFA), a permis à la banque de souscrire à des obligations du Trésor camerounais allant jusqu’à sept ans, à des taux oscillant entre 6,5 % et 7,5 %. Une première historique pour une institution étrangère sur le marché monétaire de la CEMAC.

Si ce mécanisme a permis au Cameroun d’atteindre ses objectifs de mobilisation de ressources, il n’est pas exempt de critiques. L’absence de clarté sur les conditions exactes de la garantie d’Afreximbank – partielle ou totale – interroge sur le niveau de risque supporté in fine par l’État. De plus, les coûts de financement restent élevés, alors même que le marché régional est déjà fortement sollicité par les autres pays de la zone, dans un contexte de ralentissement économique et de pression budgétaire généralisée.

Derrière cette nouvelle manœuvre financière se dessine une stratégie plus large : celle d’une dépendance croissante du Cameroun à des emprunts garantis pour combler les déficits structurels de son budget. Si l’implication d’acteurs comme Afreximbank ouvre des opportunités inédites pour le marché régional, elle soulève aussi une question centrale : à quel prix le pays finance-t-il aujourd’hui sa stabilité budgétaire, et quelles marges de manœuvre restera-t-il demain ?

Gilles Noubissi

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