À moins de trois mois de l’élection présidentielle, le ton se durcit du côté du gouvernement camerounais. Par un communiqué radio-presse estampillé « URGENT », le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, alerte l’opinion nationale et internationale sur les mesures fermes que l’État entend prendre face à toute tentative de perturbation du processus électoral.
Ce document, signé et diffusé ce vendredi 25 juillet 2025, se veut à la fois dissuasif et explicite. Le gouvernement y affirme sans ambiguïté qu’il « ne tolérera, sous aucun prétexte, la moindre atteinte à l’intégrité, à la transparence et à la sérénité du processus électoral en cours ». Toute personne (qu’elle soit au Cameroun ou à l’étranger) qui tenterait de troubler, entraver ou manipuler le processus électoral, « depuis la publication des listes définitives de candidatures jusqu’à la proclamation solennelle des résultats », s’expose, selon le communiqué, à des « poursuites judiciaires sévères ».

Le communiqué s’attaque également au phénomène de cyberharcèlement et de désinformation qui prend de l’ampleur à mesure que l’échéance électorale approche. Le MINAT dénonce « toute menace, toute injure, toute campagne de dénigrement à l’encontre des institutions de la République, de ceux qui les incarnent, ou encore à l’égard des membres de leurs familles », notamment sur les réseaux sociaux. Les auteurs de ces dérives sont prévenus : ils seront « identifiés, interpellés et traduits devant les juridictions compétentes ». L’impunité ne sera pas tolérée, insiste le gouvernement.
Une enquête en cours pour piratage informatique
Fait notable, le communiqué révèle également qu’une enquête est en cours pour identifier les auteurs d’une cyberattaque dirigée contre les systèmes informatiques du ministère de l’Administration territoriale. Selon les autorités, des individus auraient tenté d’y insérer « un nom qui n’a ni fondement légal, ni place légitime dans le dispositif électoral national ». Cet acte est assimilé à une tentative de sabotage et de déstabilisation des institutions républicaines. Le gouvernement promet des « sanctions exemplaires » contre les personnes impliquées.
Dans une tonalité très solennelle, le ministre Paul Atanga Nji rappelle que le Cameroun est « un État de droit, doté d’institutions solides, d’un système judiciaire indépendant et de services spécialisés pleinement mobilisés pour faire respecter l’ordre républicain ». Le message est clair : toute entreprise de subversion, toute manipulation de l’opinion publique, ou tentative de jeter le discrédit sur les institutions sera « étouffée avec la dernière énergie ».
Un climat préélectoral sous tension
Ce communiqué intervient dans un contexte marqué par une intensification des débats politiques, la circulation de fausses informations et des tensions croissantes entre partisans du pouvoir et membres de l’opposition. Alors que la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle est attendue dans les prochains jours, le gouvernement entend visiblement prendre les devants pour prévenir tout trouble à l’ordre public.
Par cette déclaration martiale, le pouvoir central semble vouloir rappeler qu’il ne laissera aucun espace aux dérives, qu’elles soient numériques, médiatiques ou politiques. Dans un pays où les élections ont souvent été marquées par des controverses, ce communiqué sonne comme un avertissement lancé à tous ceux qui, selon le pouvoir, chercheraient à remettre en cause la légitimité du processus en cours.

