Education

Le Lycée Technique de Guéré : une éducation en péril face aux dangers.

Situé dans le département du Mayo-Danay, région de l’Extrême-Nord du Cameroun, le Lycée Technique de Guéré, créé il y a plus de 15 ans, est aujourd’hui en proie à un abandon total de la part des autorités. Ce qui était autrefois un symbole de fierté pour tout un arrondissement est désormais un lieu de désespoir où les élèves, faute d’infrastructures, sont contraints de suivre les cours au pied des arbres.

En pleine saison des pluies, les dangers auxquels sont confrontés ces jeunes sont multiples. Les herbes hautes qui entourent le lycée sont infestées de serpents et autres reptiles, représentant une menace constante pour leur sécurité.

« La semaine dernière, on a vu un serpent juste à côté de l’endroit où on étudiait. C’est très effrayant, on a tous peur », confie Aminatou, une élève de première. En plus de cela, les vents violents qui balaient la région emportent régulièrement cahiers et livres, rendant l’apprentissage encore plus difficile.

« Nos cahiers s’envolent avec le vent, et souvent, on perd nos notes. Ça devient de plus en plus difficile de suivre les cours », ajoute Ibrahim, un autre élève.

Mais les risques ne s’arrêtent pas là. Les éléphants, qui envahissent parfois la localité, ajoutent une autre couche d’insécurité.

« Il y a quelques semaines, un troupeau est passé près du village. On a dû fuir, car c’était trop dangereux. Et même maintenant, on vit dans la peur qu’ils reviennent », explique un habitant du village. Ce danger permanent pèse lourdement sur la reprise des cours après les vacances.

Le Lycée Technique de Guéré, jadis un modèle d’instruction pour toute la région, est désormais l’exemple criant d’un abandon institutionnel. Face à ces conditions de vie et d’apprentissage précaires, les élèves espèrent que les autorités prendront conscience de la gravité de la situation.

« On veut juste étudier dans de bonnes conditions, sans craindre pour nos vies », conclut Fatima, la voix pleine d’émotion.

Ce cri de détresse d’une jeunesse en quête de savoir, dans un environnement hostile, mérite une réponse urgente de la part des pouvoirs publics.

Bachirou Elhadj BDO

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