Dans une note datée du 11 juillet 2025, le Ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense dénonce avec fermeté la multiplication de cérémonies militaires non conformes, organisées en faveur de certains membres du Gouvernement ou hauts responsables de l’État en visite officielle. Selon ce document transmis aux gouverneurs de région et à plusieurs hautes autorités administratives et sécuritaires, ces pratiques (jugées “illégales et fantaisistes”) traduisent un laxisme inquiétant au sein de l’appareil étatique et donnent de l’État une image “inconséquente et triviale”.

Le rappel à l’ordre se veut clair : seuls les responsables dûment désignés par le Chef de l’État, Chef des Forces armées, peuvent bénéficier de ce protocole solennel, dans les formes prescrites par les décrets du 16 septembre 1976 et du 7 juillet 2007. Toute initiative locale, même bien intentionnée, est donc proscrite. Il s’agit, selon le Ministre, de préserver l’intégrité et le respect des symboles républicains, à commencer par la cérémonie militaire, qui ne saurait être galvaudée pour flatter l’ego de personnalités en quête de prestige.
Le ton de la correspondance, inhabituellement sévère, trahit une exaspération face à une dérive devenue, selon le texte, répétitive. Le Ministre n’hésite pas à pointer du doigt “l’opinion publique abasourdie devant ce spectacle”, signe d’un malaise plus profond dans le rapport à la solennité républicaine et à la discipline administrative. En toile de fond, une inquiétude : celle de voir les institutions s’effriter sous l’effet de pratiques protocolaires dévoyées.
En conclusion, la note interdit également l’usage du drapeau national par des fanfares privées lors de manifestations festives, religieuses ou commerciales. Un détail qui en dit long sur la volonté du Ministère de rétablir la rigueur et le respect des symboles de l’État. Ce rappel à l’ordre, bien que technique en apparence, s’inscrit dans un contexte plus large de fragilité institutionnelle, où les signes d’autorité et de hiérarchie sont de plus en plus brouillés — parfois, au détriment de la République elle-même.
